S’il y a un coup d’État qui a fait autant écho actuellement en Afrique que dans le monde, c’est bien celui du Niger. Où l’irruption des militaires sur la scène politique fin juillet cristallise l’actualité, surtout avec la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Face à la presse ce mardi 22 août à Abidjan, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s’est prononcé sur le sujet, non sans faire allusion aux antécédents de « coup d’État constitutionnels » dans la sous-région.
« Le problème qui se pose aujourd’hui au Niger est un cas d’école pour tous les Africains. Les coups d’État, il y en a beaucoup. Il y a eu combien de coup d’État au Nigéria depuis l’indépendance ? Combien au Bénin ? Au Togo ? Au Ghana ? Au Liberia qui fut sanglant, en Sierra-Léone, en Guinée ? On sait qu’il y a eu un coup d’État en Côte d’Ivoire. Dans tous les pays de la CEDEAO, il y a eu combien de coups d’État ? Nous vivons avec les coups d’État. Ils font partis de nos agendas politiques (rires). Il ne faut pas se mentir et croire que l’invasion du Niger va mettre fin aux coups d’État, … apporter la démocratie au Niger…, remettre Mohamed Bazoum à son poste…. Parmi ceux qui disent qu’ils vont envahir le Niger, beaucoup sont des faiseurs de coup d’Etat », déclare-t-il.
Et d’expliquer : « quand ta constitution dit que tu as droit à deux mandats. Pas plus. Et qu’au deuxième mandat, tu tripatouilles la constitution pour t’offrir un troisième mandat, puis un quatrième, un cinquième. Qu’est-ce que tu fais là ? Ce n’est pas un coup d’État ça ? C’est évidemment un coup d’État. Au lieu d’affirmer que nous allons en guerre pour ramener la démocratie au Niger (…). Et chez toi, qu’en est-il de la démocratie ? C’est contre ça que je me révolte ».
Il conclut son propos en affirmant que la CEDEAO est en train de jouer les intérêts des puissances étrangères qui sont au Niger pour l’uranium, le pétrole et le gaz. Une intervention militaire au Niger serait « la guerre la plus idiote », a précisé Laurent Gbagbo.
