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Guinée : le gouvernement cherche 600 millions de dollars pour organiser les élections

La Guinée estime à 600 millions de dollars le coût des prochaines élections devant ramener le pays dans l’ordre constitutionnel. De ce budget colossal, quatre fois plus cher que ce qu’avait exigé Laurent Gbagbo à la communauté internationale pour organiser les présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, le Comité national du rassemblement pour le développement…

La Guinée estime à 600 millions de dollars le coût des prochaines élections devant ramener le pays dans l’ordre constitutionnel. De ce budget colossal, quatre fois plus cher que ce qu’avait exigé Laurent Gbagbo à la communauté internationale pour organiser les présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) déclare avoir mobilisé 40 millions de dollars, soit moins de 7% de l’enveloppe recherchée. Dans un entretien avec Tv5Monde, le premier ministre, Dr Bernard Goumou, demande expressément l’appui de la CEDEAO pour combler le déficit.

«En tant qu’Etat, nous avons déjà nous-mêmes proprement mobilisé 40 millions de dollars pour faire avancer le processus de chronogramme de la transition. Et nous avons signé un accord avec la Cedeao et il est expressément mentionné dans cet accord que la Cedeao doit venir en appui de façon conjointement pour que les partenaires puisent nous accompagner à financer cette transition».

Si les chancelleries étrangères gardent un silence gêné devant ce qui s’apparenterait à une tentative de glissement du calendrier électoral, du côté de la classe politique, les commentaires sont acerbes. Dans un entretien à Guineematin, Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), estime que ce retard dans la mobilisation des fonds est «un argument stérile qui ne peut pas empêcher la tenue des élections dans le pays ».

Pour sa part, François Lounceny Fall, leader de l’Union nationale des patriotes de Guinée (UNPG), fustige la démarche. « Pour organiser les élections, il faut d’abord compter sur ses propres forces. On organise pas les élections pour les autres. Il faut se donner les moyens et ça doit être budgétisé, ensuite prendre les responsabilités qu’il faut », déclare l’homme politique.

«La CEDEAO n’est pas un bailleur de fonds ni un partenaire financier pour la Guinée. C’est une institution sous-régionale qui veille sur les États africains et ne finance pas un processus non inclusif. Ce qui est en train d’être fait relève des méthodes dilatoires visant à repousser le calendrier des 24 mois » déclarait déjà l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) lors de son assemblée générale a tenue le 22 juillet à Conakry.

En transition depuis le 5 septembre 2021, la Guinée devait revenir à l’ordre constitutionnel d’ici le 31 décembre 2024 selon un chronogramme négocié avec l’organisation communautaire.

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