Mercredi 16 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

Mali : 3 ans après la chute de IBK, Bamako mesure le temps perdu

Il y a 3 ans tombait le régime du président Ibrahima Boubacar Keita dit IBK. Au terme d’intenses manifestations, le peuple croyait avoir touché le graal en renvoyant un président démocratiquement élu. Le président IBK et son premier ministre Boubou Cissé sont arrêtés et conduits au camp militaire de Kati. Les Maliens découvraient de nouveaux…

Il y a 3 ans tombait le régime du président Ibrahima Boubacar Keita dit IBK. Au terme d’intenses manifestations, le peuple croyait avoir touché le graal en renvoyant un président démocratiquement élu. Le président IBK et son premier ministre Boubou Cissé sont arrêtés et conduits au camp militaire de Kati. Les Maliens découvraient de nouveaux maîtres qui leur promettaient la reconquête (aujourd’hui reléguée au second plan) de Kidal et une gestion vertueuse des deniers publics. Le mouvement M5 de l’Imam Mohmoud Dicko qui avait grandement participé à l’affaiblissement du régime IBK scellait une alliance avec le camp de Kati. Quant à la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), elle n’exigera pas de facto le retour du président déchu mais sa libération. Une transition est négociée avec un gouvernement dirigé par des civils. Seulement, neuf mois plus tard, le 24 mai 2021, Bamako vivait un deuxième putsch signé des mêmes militaires qui avaient renversé le président IBK. Motif avancé : un remaniement ministériel qui aurait eu l’outrecuidance de ne pas reconduire des éléments clés de Kati. Sous des dehors de «trahison » et autres cantiques révolutionnaires, ce deuxième coup d’Etat signait la cassure entre Bamako et la communauté internationale. Ce n’est que sous forte pression que l’homme fort de la junte, Assimi Goïta, a accepté le principe d’un retour à l’ordre constitutionnel en mars 2024. Entre temps, le haut officier a fait adopter le 21 juillet 2023 une nouvelle constitution par référendum et obtenu la certitude -sauf avis contraire de la communauté internationale – de pouvoir se présenter. En attendant, la reconquête de Kidal semble reléguée aux calendes d’Alger dont l’accord signé en 2015 constitue la ligne de démarcation entre le Nord et le Sud. Sous-traitant la sécurité du pays avec les milices de Wagner, accusé d’exactions dans le centre pays, le gouvernement malien n’a pas encore convaincu dans sa guerre contre les groupes armés.

Isolée avec une desserte aérienne réduite à sa plus simple expression et la fin de la mission de l’ONU (la MINUSMA), Bamako mesure le temps perdu.

Partager :f????in

Financial Afrik Premium

Lisez la finance africaine comme un professionnel

Accès illimité à 30 000 articles, archives 2013-2026, magazine PDF mensuel, alertes mots-clés, base de données dirigeants et newsletters premium.

à partir de 9 € / mois · sans engagement