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Niger : un Premier ministre sorti des frigos de la Banque africaine de développement

Attention au syndrome Mohamed Beavogui -Cheikh Modibo Diarra Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a pris le pouvoir au Niger depuis le 26 juillet dernier, a nommé Ali Mahamane Lamine Zeine en tant que Premier ministre. Installé dans ses fonctions le 7 août dernier, l’ancien ministre des Finances sous Mamadou…

Attention au syndrome Mohamed Beavogui -Cheikh Modibo Diarra

Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), qui a pris le pouvoir au Niger depuis le 26 juillet dernier, a nommé Ali Mahamane Lamine Zeine en tant que Premier ministre. Installé dans ses fonctions le 7 août dernier, l’ancien ministre des Finances sous Mamadou Tandja, renversé en 2010 sur le sentier du troisième mandat, a depuis viré de bord. Après des appels de pied infructueux à Mahamadou Issoufou, l’argentier s’était recyclé à la Banque africaine de développement (BAD) friande de profils ayant une expérience avérée dans le management public.

Le natif de Zinder qui avait connu une ascension remarquable dans l’organigramme de la BAD était depuis quelques années au «frigo». Autant sous la présidence du Twandais Donald Kaberuka, il avait le vent en poupe. Autant sous Akinwumi Adesina, il était pour ainsi dire éloigné des fonctions stratégiques. Muté au Gabon en tant que représentant résident, il avait atterri finalement au Tchad, pays qui pèse moins de 1% du portefeuille de la BAD.

Militant du MNSD Nassara, le parti de Tandja Mahamadou, Ali Mahamane Lamine Zeine prend des risques considérables en s’engageant dans un gouvernement pressé par la CEDEAO de rendre le pouvoir au président élu Mohamed Bazoum. Dans un entretien avec le New York Times publié ce vendredi 18 août, il assure que « rien ne lui arrivera, car nous n’avons pas de tradition de la violence au Niger», oubliant certainement l’assassinat du président Ibrahim Baré Maïnassara le 9 avril 1999 lors d’un second coup d’État orchestré par les éléments de sa garde personnelle et l’assassinat de la première dame Aïssatou Diori en avril 1974 lors d’un coup d’Etat qui fera 43 morts.

Si son profil lisse du gendre idéal passe auprès de la communauté internationale, Ali Mahamane Lamine Zeine doit redouter le syndrome de Mohamed Beavogui et Modibo Diarra, respectivement anciens Premiers ministres des gouvernements putschistes de Guinée et de Mali, sortis de leurs pays dans des conditions rocambolesques dignes de James Bond.

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