(1 dollar USD = 599,95 FCFA XAF). C’est une première dans les annales de l’histoire économique de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC). Le Gabon qui importe annuellement 400 milliards de FCFA (670 millions de dollars) sous forme de produits alimentaires présente désormais une balance commerciale excédentaire vis-à-vis de son puissant voisin sur le secteur stratégique des produits alimentaires agricoles.
L’huile de palme exportée par le Gabon sur des champs entrés en maturité (des arbres plantés il y a dix ans) explique grandement cette offensive, a fait savoir Emmanuel Leroueil, conseiller spécial à la présidence de la République lors d’une émission sur Gabon 24. Fort de ces acquis, le Gabon vise l’autosuffisance sur l’oignon et le pastèque.
Cette remontada entre dans le nouveau paradigme du président Ali Bongo, qui a mis en place trois zones agricoles prioritaires. Parmi les mesures prises pour booster le secteur, l’encadrement des petits agriculteurs, la mise en place de zones agricoles à fortes productivité (ZAP), le développement des filières d’importation et des financements ciblés. Pour augmenter le rendement agricole, le gouvernement a récemment conclu une convention avec l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) pour établir une carte des sols.
Transport et logistisque
Le défi pour l’économie gabonaise, pays couvert à 88% par la forêt tropicale, restera logistique. D’où les investissements en cours dans les secteurs de la logistique et du transport. « Le Transgabonais d’une capacité initiale de 12 000 tonnes était tombée à 5 millions de tonnes en 2010 », détaille M. Leroueil. « Aujourd’hui, la ligne ferroviaire est revenue à 11 millions de tonnes grâce à un investissement de 110 milliards de FCFA ».
Cependant, il en faudra beaucoup plus pour fluidifier les exportations gabonaises. Selon une étude sur les besoins du transport du pays, le manganèse à lui seul absorbe une capacité de 10 millions de tonnes. C’est à dire que le secteur bois n’aura en tout et pour tout qu’une capacité d’un million de tonnes. Cela sans évoquer les besoins du secteur minier hors manganèse.
En effet, deux acteurs mondiaux sont positionnés sur le fer pour une capacité additionnelle de 3 à 4 millions de tonnes. Ainsi, Comilog, Eramet et Meridiam veulent passer de 12 à 29 millions de tonnes d’ici 2030. D’où des investissements majeurs dans des projets routiers à l’instar de « Owendo Bypass » longue d’environ 14 kilomètres et devant relier la Zone économique à régime privilégié de Nkok au port d’Owendo. Réalisée actuellement à hauteur de 53%, la nouvelle route récupérera la totalité du flux fret routier (poids lourds, remorques et semi-remorques) provenant de la ZES de Nkok à destination du port d’Owendo et inversement.
