Le Tchad est à la recherche de 20 milliards de FCFA à un taux d’intérêt de 6,5%. Cette opération, la première du mois d’août 2023, va s’effectuer sous forme d’Obligations du Trésor assimilables (OTA) 3 ans, auprès des investisseurs des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Le Trésor tchadien repart à l’assaut du marché financier régional après avoir essuyé un échec au cours de la semaine du 10 au 14 juillet 2023. Au cours de cette période, sur les 15 milliards de FCFA que recherchait ce pays d’Afrique centrale, seulement 6,8 milliards de FCFA avaient été collectés. Ce qui représente un taux de souscription de 45,8 %.
Les milieux financiers ne comprenaient pas cette « réticence des investisseurs sur les titres tchadiens ». Et pour cause, N’Djamena avait pratiqué des taux d’intérêts intéressants. Ainsi, selon les données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Tchad proposait un taux d’intérêt moyen de 11,6 % sur les titres de longues maturités (OTA). Sur les bons du Trésor assimilables (BTA), placements à court terme, le pays rémunérait les investisseurs à 7,1 %.
Pour rappel, au Tchad, l’on justifie cet échec par « le contexte économique et social que traverse le pays en cette période de transition politique. Cette situation, accentuée par l’insécurité et des troubles sociaux, a un impact négatif sur la dette extérieure du pays estimée à 3 milliards $ ». Au rang des risques qui plombent la dynamique suscitée par « les estimations du Fonds monétaire international (FMI) sur la capacité du Tchad à rembourser sa dette extérieure en 2023, au vu de l’amélioration de ses gains nets sur les exportations de pétrole et hors pétrole en 2022 », les analystes évoquent « la possible chute des prix du pétrole ou encore des insuffisances dans le financement des donateurs pourrait endiguer la relance de l’économie du pays, énumérait le FMI dans son rapport ».
A cela s’ajoutent, toujours selon les mêmes sources, « les conditions du marché devenus extrêmement rigides. Elles visent à contrer les poussées inflationnistes dans la zone CEMAC et viennent s’allier au durcissement de la politique monétaire qui se traduit par une hausse à quatre reprises des taux directeurs depuis décembre 2021 ».




