[ 1 dollar USD= 37,85 Ouguiyas MRU] En administration provisoire depuis le 29 juillet 2022, la Nouvelle Banque de Mauritanie (NBM) est en liquidation judiciaire. La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) appuie sa décision sur un jugement rendu le 7 août 2023 par un tribunal local.
Déjà, en date du 19 juin 2023, la banque fondée en 2014 s’était vu retirer son agrément par le Conseil Prudentiel de Résolution et de Stabilité Financière de la Banque Centrale de Mauritanie. Jusqu’au bout, la BCM aura essayé d’éviter une faillite préjudiciable au système bancaire mauritanien en général. Tout commence le 14 juin 2019 par une plainte de la Banque Centrale de Mauritanie (BCM) contre les actionnaires de la NBM sur la base des irrégularités relevées suite à un audit. Un mois plus tard, le 20 juillet 2019, les deux parties signent un mémorandum d’entente portant sur l’administration de la NBM par la BCM investie par ailleurs du pouvoir de trouver un acquéreur.
Ainsi, en mai 2020, la NBM est cédée à 1 Ouguiya symbolique au canadien Westbridge. Un processus qui n’aboutira jamais, l’institution canadienne demandant un audit complet du passif et l’état des engagements de la NBM.
Le 18 mars 2021, les actionnaires fondateurs, à savoir Abdel Baghy Ahmed Bouha et Mohamed Limam Ould Benna, sont placés sous mandat de dépôt et écroués sur décision du juge du deuxième cabinet d’instruction du tribunal de la Wilaya de Nouakchott -Ouest. Ils seront finalement relaxés et mis en liberté provisoire en mars 2022 après le paiement d’une caution de 50 millions d’ouguiyas anciens (133 000 dollars).
Selon nos informations, ces interpellations faisaient suite à une plainte de la BCM. D’après les avocats des actionnaires, qui s’exprimaient lors de l’interpellation, les nouveaux acquéreurs s’éteint engagés sur le passif et devaient verser 29 millions de dollars pour couvrir tous les déficits et les besoins de financement de la NBM. Une thèse démentie à l’époque des interpellations par les nouveaux acquéreurs rappelant n’avoir jamais pris la gestion opérationnelle de la banque, conditionnée, arguaient-ils, à l’évaluation de ses dettes vis-à-vis du compte du Trésor ouvert dans les livres de la BCM.
Dans ses déboires, la NBM compromet de nombreux engagements dont ceux de la gabonaise BGFI Bank et de Bank Of Beirut qui menaçaient d’ailleurs de porter le dossier devant les instances internationales.
