Deux jours après l’annonce de la Banque mondiale (BM) de suspendre ses financements envers l’Ouganda pour protester contre une loi « anti-homosexualité », le président ougandais Yoweri Museveni est monté au créneau pour dénoncer une « forfaiture ». Au pouvoir depuis plus de 35 ans, l’homme fort de Kampala a laissé entendre que son « pays souverain » ne va pas abandonner la loi promulguée depuis le 29 mai dernier, sous prétexte de « pression financière ».
« Le pays va réduire ses empreintes auprès de la banque et ne cédera à aucune pression des institutions financières et organisations internationales », a-t-il indiqué dans un communiqué cette semaine, en n’excluant pas de trouver d’autres sources de financements.
Par ailleurs, Yoweri Museveni exhorte l’institution de Brettons Woods à reconsidérer sa décision qui risque d’avoir des « répercussions négatives » sur l’élaboration du budget national, lequel connaît un « déficit accru ».
Selon la BM, sa décision de suspendre ses décaissements en Ouganda est motivée par le fait que la loi promulguée le 29 mai entrave sa nouvelle approche « genre » dans ses financements, qui prône une égalité sans distinction de race, de sexe ou de sexualité.
