Les déboires financiers s’accumulent pour le Niger sous sanction depuis le coup d’Etat du 26 juillet dernier et la prise en otage du président élu, Mohamed Bazoum, ainsi que de nombre de ministres et dignitaires du régime.
Après le gel des programmes des partenaires techniques et financiers, Niamey a fait défaut sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Les attentes légitimes des investisseurs n’ont pas été honorés, ce qui n’est pas sans rappeler le cas du Mali de la mi-2021 lors du second putsch orchestré par la junte actuelle.
Dans une circulaire, l’agence UMOA-Titres informe les investisseurs du Marché des Titres Publics (MTP) que «le Trésor Public du Niger n’a pas été en mesure de procéder au règlement de ses engagements financiers sur le MTP en date du 11 août 2023. »
Il a été constaté le non-paiement des sommes dues ce 11/08/2023 par l’État du Niger au titre de remboursement du capital sur le titre référencé (code ISIN) NE0000001557 pour un montant total de 12 milliards de FCFA.
Il est à noter que cet incident de paiement intervient dans un contexte où l’État du Niger est soumis à des sanctions prises à son encontre par la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
« Cette situation est suivie avec attention par UMOA-Titres en collaboration avec les institutions concernées », explique l’Agence qui réaffirme sa détermination à prendre, dans le cadre de ses missions, toutes les initiatives pour un bon fonctionnement du Marché des Titres Publics.
Sous embargo strict de la CEDEAO, le Niger n’a plus accès aux concours financiers de la Banque Mondiale, du FMI, de la Banque des investissements de la CEDEAO (BIDC) et de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD). A cette longue liste s’ajoute des mesures prises par la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui gèle l’accès du Niger à son compte logé dans ses guichets et ordonne la suspension du financement de l’import-export et des opérations infer-bancaires. Face à une forte affluence devant ses guichets, les banques commerciales exerçant au Niger ont restreint les retraits d’argent.
