La Banque africaine de développement (BAD) a publié, le 31 juillet sur son site, son nouveau rapport 2023 sur les Perspectives économiques en Afrique Centrale. L’institution panafricaine n’a pas manqué de faire son classement sur les pays de la région qui ont le plus reçu de financements climatiques pour « verdir leurs économies », dans un contexte « d’état d’urgence climatique ».
Ce classement concerne la période 2012 – 2020. En tête, la RDC qui a reçu un montant cumulatif de 1265,3 millions USD (en moyenne 140,6 millions par an), suivie du Cameroun avec 759,4 millions USD (84,4 millions USD en moyenne) et du Tchad 590 millions USD avec en moyenne 65,6 millions USD par an.
Le Congo et la Centrafrique occupent respectivement les 4e et 5e rangs avec respectivement 201 millions US (en moyenne 22,3 millions USD) et 190,3 millions USD (en moyenne 21,1 millions USD). Le Gabon avec 185 millions USD (en moyenne 17,6 millions USD) se positionne la 6e place tandis que la Guinée équatoriale arrive 7e avec 1,3 millions USD (en moyenne 0,1 million USD).
Selon la BAD, tous les pays de la sous-région ont reçu des « financements climatiques » nettement inférieurs à leurs besoins, et les déficits d’investissement varient d’un pays à l’autre.
La banque panafricaine basée à Abidjan a laissé entendre que les partenaires financiers doivent faire des efforts considérables pour aider les pays africains à faire face aux effets du changement climatique, relevant un faible taux de financement. La mobilisation des ressources financières en faveur de l’action climatique, notamment les financements extérieurs, souligne-t-elle, reste limitée dans les pays africains en général. L’ensemble des sept pays de l’Afrique centrale a reçu 3 165,3 millions USD au cours de la période considérée, soit une moyenne de 352 millions USD par an.
128 milliards USD de besoin de financement climatique
La BAD a indiqué que l’Afrique centrale a besoin d’environ 128 milliards USD entre 2020 et 2030 pour mettre en œuvre des mesures d’adaptation et d’atténuation et faire face aux effets du changement climatique, soit un investissement moyenne annuelle de 11,6 milliards USD.
Ce montant devrait permettre de répondre aux besoins en matière de croissance verte et de développement durable dans cette zone qui connaît un déficit de financement climatique à l’image des autres régions d’Afrique.
700 milliards USD de capital naturel
La valeur des ressources du capital naturel en Afrique Centrale est estimée à plus de 700 milliards USD, grâce surtout à ses importantes ressources naturelles, notamment le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie, pouvant soutenir les besoins en financement vert et climatique, selon le rapport de la BAD. L’institution soutient qu’une réévaluation des PIB des pays d’Afrique centrale, en relation avec le capital naturel, pourrait être envisagée.
D’ailleurs, les pays, souligne-t-elle, ont entamé la transition avec la mise en place d’un Programme d’appui au développement de l’économie verte en Afrique centrale, et l’adoption de mesures d’atténuation et d’adaptation définies dans leur Contribution déterminée au niveau national.
Recommandations
La BAD propose trois pistes de solutions à l’Afrique Centrale pour attirer davantage le financement du secteur privé. Il s’agit de mettre en œuvre des instruments de financement innovants, d’orienter le financement privé du climat vers les secteurs à risques faibles et ayant les rendements les plus élevés pour attirer les investisseurs. Et enfin garantir l’accès aux capitaux, aux petites et moyennes entreprises (PME), notamment celles détenues par des femmes et les jeunes.
