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Côte d’Ivoire: Henri Konan Bedié, un authentique éléphant d’Afrique, tire sa révérence 

L’ancien président Ivoirien Henri Konan Bedié est décédé mardi 1 er août à l’âge de 89 ans. Président de la Côte d’Ivoire du 7 décembre 1993 au 24 décembre 1999, il a marqué la vie politique de son pays par sa résilience face aux vicissitudes des jeux du pouvoir.  Henri Konan Bedié se trouvait aujourd’hui…

L’ancien président Ivoirien Henri Konan Bedié est décédé mardi 1 er août à l’âge de 89 ans. Président de la Côte d’Ivoire du 7 décembre 1993 au 24 décembre 1999, il a marqué la vie politique de son pays par sa résilience face aux vicissitudes des jeux du pouvoir. 

Henri Konan Bedié se trouvait aujourd’hui à Daoukro quand il a eu un malaise. Évacué à Abidjan à bord d’un hélicoptère, le sphinx a finalement tiré sa révérence . Le parcours de cet homme d’exception se confond avec celui de son pays.

Né le 5 mai 1934 à Daoukro, ce fils d’aristocrate a eu très jeune les honneurs de la république. Ambassadeur  de la Côte d’Ivoire aux États-Unis entre 1961 et 1966, il revient à Abidjan où il devient délégué aux Affaires économiques et financières (1966-1968). Le président Houpheit Boigny remarque son entregent et le nomme ministre de l’Économie et des Finances en 1968.  Pendant neuf ans, il jouera sa partition  du miracle ivoirien sur les plantations de cacao. C’est naturellement que le très populaire Henri Konan Bédié accède à la présidence de l’Assemblée nationale en 1980 alors que les politiques d’ajustement structurels pointaient à l’horizon. 

En 1993, HKB accède à la magistrature suprême à la mort du président Félix Houphouët-Boigny.  Dans ce contexte de bataille de succession, le concept d’ivoirité s’invita dans les débats. La fameuse absurdité “nul ne peut être élu président de la République s’il n’est Ivoirien de naissance, né de père et mère eux-mêmes Ivoiriens de naissance” apparu dans un nouveau code électoral confectionné à la hâte et porteur des germes de la division. 

Si cette règle exceptionnelle permit d’écarter le premier ministre d’alors, Alassane Ouattara, le président élu ne terminera pas son mandat. Henri Moman Bedié est renversé quatre ans plus tard, en 1995, par Robert Guei qui lui même sera assassiné et remplacé par Laurent Gbagbo au terme d’une drôle d’élection. 

Après le renversement de HKB, commence alors la décennie perdue, celle de la guerre civile et de la partition de la Côte d’Ivoire. En 2010, HKB est candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). En patriarche, il s’impose dans un parti où les quadras piaffaient d’impatience. Il ratera de peu le deuxième tour et appellera à voter Ouattara. Le compagnonnage entre les deux hommes sera décisif en 2015 avec l’appel, fameux, de Daoukro. Puis c’est la brouille due à l’aigreur des rapports politiques, à l’usure du temps et à l’appétit pour le pouvoir. 

Les deux personnalités qui se réclament de l’héritage de Houpheit Boigny n’étaient plus en bons termes. En  2020, HKB est contraint de voir son ancien allié briguer um troisième mandat dans une élection qu’il choisira de boycotter. La disparition de cet éléphant d’Afrique ouvre la voie à une succession au PDCI qui s’annonce difficile.

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