Impitoyable loi du business. L’emblématique patron et principal actionnaire du groupe Casino, Jean-Charles Naouri, 74 ans, est contraint de céder son empire aux hommes d’affaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, deux milliardaires qui disposent d’une force de frappe financière supérieure à la sienne. Confronté à une dette de 7 milliards d’euros, le groupe spécialisé dans la grande distribution à travers diverses enseignes (Franprix, Monoprix, Géant, Naturalia, Cdiscount) n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir la porte à de nouveaux actionnaires.
Les deux repreneurs accompagnés par le fonds britannique Attestor, en contrepartie du plus important abandon de créances jamais négocié en France, détiendront 53% du groupe. Les actionnaires de Casino seront dilués. Ainsi, la holding Rallye qui contrôlait 52% du groupe devrait consentir à faire le constat des pertes. Rallye est détenue à 59% par la foncière Euris qui elle même est détenue à 90% par Finatus. Cette dernière est détenue à 92% par Euris, holding personnelle de Jean-Charles Naouri. Un tel enchevêtrement ne lui a pas permis de garder le contrôle sur son groupe.
Dans ces marchandages sous fond de rumeurs, le distributeur stéphanois ne vaut aujourd’hui virtuellement quasi rien en Bourse, quand il pesait 5,66 milliards d’euros en 2015 juste avant l’attaque de fonds spéculatifs comme Muddy Waters. Une page du capitalisme français se tourne. Le groupe a perdu jusqu’à 21,5 % vendredi matin 28 juillet avant de se reprendre. Cette perte en Bourse suivrait la décision du conseil d’administration de la société qui a approuvé un plan de sauvetage du distributeur, exsangue, qui se traduira par un changement de propriétaire.
