Le capitaine Ibrahim Traoré, 35 ans, chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, a fait un discours tranchant en marge du 2e sommet et du Forum économique et humanitaire « Russie-Afrique. Prenant la parole le 28 juillet, le tombeur du lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba, lors d’un coup d’Etat du 30 septembre 2020, le deuxième en l’espace de 9 mois pour le Pays des Hommes Intègres , a fustigé « ses aînés », les chefs d’Etat africains, qui viennent « mendier ». Une manière de compenser la perte du terrain face aux Djihadistes par une popularité dans les réseaux sociaux ?
Dans un discours assez trash, celui qui préfère les délices de Koysam aux rigueurs du front, s’est interrogé sur les paradoxes d’un continent riche de ses ressources mais obligé de tendre la main. A sa suite, le sénégalais Macky Sall, dans un style pédagogue, de professeur à élève, a rappelé à son « cadet », la réalité de la présence de l’Afrique à cette rencontre. « Les chefs d’Etat ne sont pas venus pour mendier. Nous travaillons pour un partenariat d’égal dignité entre les peuples ». Et le président sénégalais de poursuivre en rappelant à la copie de Sankara que le développement du continent est un travail inter-générationnel avec un discours constant de Dakar à Saint Petersbourg ou Washington.
La prise de position accusatoire du chef de la junte entre dans la posture d’un populisme à bon marché en vogue de Kinshasa à Dakar et qui, convenons-en, s’il pose de bonnes questions, apporte systématiquement de mauvaises réponses.
