La deuxième édition du sommet Russie-Afrique s’est ouverte, ce jeudi 27 juillet à Saint-Pétersbourg, sur le thème « Pour la paix, la sécurité et le développement ». Dans son discours d’ouverture retransmis à la télévision russe, le président Vladimir Poutine d’emblée a brandi « l’arme alimentaire » pour « rassurer » les 17 chefs d’Etat africains présents.
« Moscou pourra dans les mois qui viennent livrer gratuitement jusqu’à 50.000 tonnes de céréales à six pays africains à savoir le Burkina Faso, le Zimbabwe, le Mali, la Somalie, la République centrafricaine et l’Érythrée », a déclaré l’homme fort du Kremlin qui faisait allusion à la récente fin de l’accord sur l’exportation de céréales ukrainiennes en mer Noire.
Vladimir Poutine justifie la non-prolongation de cet accord par le fait que les pays occidentaux faisaient « obstacle aux livraisons d’engrais et de céréales russes ». « Aucune des conditions de l’accord concernant les livraisons russes de céréales et d’engrais n’a été remplie», a-t-il dénoncé depuis le nord-ouest de la Russie.
Selon les statistiques officielles, l’accord céréalier signé en juillet 2022 à Istanbul (Turquie) a été bénéfique pour le marché mondial des céréales. Cette convention a permis de sortir près de 33 millions de tonnes de céréales des ports ukrainiens. Ce qui a eu pour conséquence de stabiliser les prix alimentaires et d’ écarter les risques de pénurie.
Pression
Isolée sur la scène internationale depuis le lancement de son offensive militaire en Ukraine en 2022, la Russie tente de mettre la pression sur les occidentaux, en brandissant son arme alimentaire. Le Kremlin est convaincu qu’un rapprochement direct avec les pays africains, dont la plupart dépendent des exportations de céréales russes et ukrainiens, peut faire revenir les occidentaux à de meilleurs sentiments (revoir leurs copies sur les sanctions infligées à la Russie), en évitant l’insécurité alimentaire.
Le blocage des ports ukrainiens et l’offensive en cours entraînent la réduction de 75 à 80 % des capacités d’exportation de grains venant d’Ukraine alors que l’Afrique en dépend fortement. D’aucuns estiment que ces accords sur les exportations de céréales constituent un levier de pression dans un contexte de crise alimentaire mondiale.
