Du jamais vu depuis 20001. Le principal taux directeur de la Fed, relevé hier d’un quart de point de pourcentage, se situe désormais, après 11 hausses depuis mars 2011, dans la fourchette de 5,25 à 5,50%. Jérôme Powell, le président de la FED, a estimé dans sa très attendue déclaration du 26 juillet 2023 que l’inflation reste « bien supérieure » à l’objectif de 2% de la Réserve fédérale, et qu’il reste « un long chemin à faire » avant d’y parvenir. Par conséquent, la Banque Centrale a relevé ses taux d’un quart de point, renouant avec la hausse après la pause de juin.
Néanmoins, la politique monétaire de la banque centrale porte ses fruits : l’inflation est tombée en juin à son plus bas niveau depuis mars 2021, à 3,00% sur un an, selon l’indice CPI. Seulement, l’inflation sous-jacente, c’est-à-dire hors prix de l’alimentation et de l’énergie, est toujours de 4,8% sur un an. Les prix des logements, notamment, continuent de grimper.
Du reste, le président de la FED a été laconique sur ses intentions. « Je dirais qu’il est possible que nous relevions à nouveau les taux lors de la réunion de septembre si les données le justifient. Et je dirais aussi qu’il est possible que nous choisissions de rester au même niveau lors de cette réunion ».
Bonjour Il est à penser que la Banque Centrale Européenne (BCE) qui se réunit aujourd’hui emprunte le même chemin. Après huit hausses consécutives depuis juin 2022, l’institution européenne devrait ajouter un nouveau tour de vis en augmentant le loyer de l’argent d’un quart de point. De son côté, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), organe commun aux huit économies de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) devrait certainement suivre le consensus après une pause de juin où elle avait maintenu son taux directeur inchangé à 3% alors que l’inflation avait baissé mais restant toujours loin des objectifs ciblés de 1 à 3%. De même, en zone de la Communauté monétaire des États de l’Afrique Centrale (CEMAC), la Banque Centrale commune (BEAC) suivrait sans doute le consensus en s’alignant sur la BCE. Mais avec déjà un taux directeur à 5%, la banque dirigée par le tchadien Abass Mahamat Tolli semble disposer d’une marge de manœuvre étroite.
