L’expiration de l’accord sur les exportation de céréales ukrainiennes via la mer Noire le 17 juillet 2023 fait courir un risque de hausse des prix et de provoquer une crise alimentaire mondiale, a averti ce vendredi 21 juillet, Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires de l’ONU, au Conseil de sécurité.
Moscou estimant que la contrepartie de l’accord censée lui garantir l’exportation de ses céréales et engrais n’avaient pas été respectée, la Russie a suspendu sa participation à l’accord céréalier avec Kiev et menace désormais de prendre potentiellement pour cible, tout navire partant des ports ukrainiens pour la mer Noire.
Les Nations unies soutiennent que l’accord sur l’exportation des céréales ukrainiennes a profité aux pays les plus pauvres ( 57 % des exportations). Notamment africains, permettant de faire baisser les prix des denrées alimentaires de plus de 23 % à l’échelle mondiale et d’acheminer 725 000 tonnes de céréales dans le cadre d’opérations humanitaires en Afghanistan, à Djibouti, en Éthiopie, au Kenya, en Somalie, au Soudan et au Yémen.
« La flambée des prix des céréales observée après le retrait de la Russie de l’accord sur les exportations de céréales en mer Noire, fait planer le risque de voir des millions de personnes touchées par la faim, voire pire » prévient Martin Griffiths. Cette hausse des prix sera, d’après lui, ressentie de manière plus aiguë par les habitants des pays en développement, soulignant que 362 millions de personnes dans 69 pays avaient besoin d’une aide humanitaire.
Moscou veut traiter directement avec l’Afrique
Moscou qui s’apprête à accueillir les 27 et 28 juillet à Saint-Pétersbourg, la seconde édition du sommet Russie-Afrique, nuance les chiffres avancées par les occidentaux. D’après le Kremlin, les pays les plus pauvres n’avaient reçu que 3 % des céréales expédiées soulignant que l’impact de l’accord sur la distribution mondiale de céréales ukrainiennes aux pays pauvres, n’est pas très important. Se proposant désormais de négocier directement avec ses partenaires africains.
L’accord céréalier entre la Russie et l’Ukraine revêt un enjeu capital pour l’Afrique qui importe plus de la moitié de ses besoins en blé d’Ukraine ou de Russie dont il a également besoin des engrais. Soucieux de rassurer les pays africains dont les économies ont durement été éprouvées par le conflit Russo-ukrainien, le Kremlin n’hésite pas à sortir le grand jeu.
En attendant qu’un accord prenant en compte les conditions de son retour dans l’accord avec Kiev, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a assuré la semaine dernière que Moscou se tenait prêt à exporter ses céréales gratuitement aux pays africains qui en ont le plus besoin, précisant que cette proposition serait discutée lors du sommet.
Conclu en juillet 2022 et renouvelé à trois reprises, l’accord d’exportation des céréales ukrainiennes par la mer Noire a permis d’expédier 33 millions de tonnes de céréales de maïs et du blé.
