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Présidentielles sénégalaises: succession ouverte pour le carré des fidèles 

Invité le 21 juillet 2023 à la télévision 7TV, le premier ministre sénégalais Amadou Bâ, qui cumule aussi les charges de ministre des Sports et de l’Elevage, a évité scrupuleusement de répondre à la question qui brûle les lèvres de tous les sénégalais: êtes-vous candidat aux présidentielles de 2024 ? Face à la pugnacité de…

De gauche à droite: (Amadou Ba, haut, Ali Ngouille Ndiaye (haut); Abdoulaye Daouda Diallo (en bas à gauche), Abdoulaye Diouf Sarr (en bas à droite).

De gauche à droite: (Amadou Ba, haut, Ali Ngouille Ndiaye (haut); Abdoulaye Daouda Diallo (en bas à gauche), Abdoulaye Diouf Sarr (en bas à droite).

Invité le 21 juillet 2023 à la télévision 7TV, le premier ministre sénégalais Amadou Bâ, qui cumule aussi les charges de ministre des Sports et de l’Elevage, a évité scrupuleusement de répondre à la question qui brûle les lèvres de tous les sénégalais: êtes-vous candidat aux présidentielles de 2024 ? Face à la pugnacité de la journaliste Maimouna Ndour Faye, l’ancien argentier a reporté toute ambition au choix du président Macky Sall, lequel doit indiquer la voie à suivre. Le suspens se prolonge donc et demeure depuis l’annonce par le chef de l’Etat, le 3 juillet 2023, de sa non représentation à un troisième mandat.

Face aux nombreuses velléités de lui succéder, le locataire du Palais de Roum aurait chargé Moustapha Niasse, ancien président de l’assemblée nationale, haute figure de la vie politique sénégalaise, d’auditionner les prétendants . “Oui, j’ai été reçu par Moustapha Niasse et nous avons discuté des affaires du pays. Je ne sais pas s’il s’agit d’une audition”, a répondu tout de go Amadou Bâ, bottant en touche. Rompu à la culture de la haute administration, l’homme est resté de marbre sur ses ambitions même si, martèle-t-il, il répondrait présent au cas où l’honneur lui échoirait de conduire la coalition au pouvoir à la reconquête.

“J’ai eu toutes mes promotions au sein de l’administration sans jamais avoir fait de la politique” dégaine-t-il. Il est vrai que sa carrière de lauréat de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) en 1988, section Impôts et Domaines, affecté en stage à Diourbel avant d’être nommé inspecteur chef du premier secteur de taxe sur la valeur ajoutée à la Direction générale des impôts et domaines (DGID) à Dakar, a tout d’une success story. Le temps d’un perfectionnement en 1991 à l’Institut international d’administration publique de Paris et à Baltimore, il est nommé Chef d’inspection à Dakar Plateau I  puis délégué dans les fonctions de commissaire contrôleur des assurances à la direction des assurances. En 1994, il est inspecteur vérificateur à la direction des vérifications et enquêtes fiscales. Le temps d’un nouveau stage à l’École nationale des impôts de Clermont-Ferrand, il prend en 2002 la tête du Centre des grandes entreprises de la direction des impôts, puis devient directeur des impôts en 2004 pour un an.  En novembre 2006, il est nommé directeur général des impôts et des domaines. Sous sa houlette, un nouveau Code général des impôts,  est mis en branle. 

Si la vox populli semble avoir jeté son dévolu sur le dakarois Amadou Bâ, qui compte énormément de sympathies dans l’administration en raison de son statut d’enseignant  à l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), section impôts et domaines depuis 1992, et au COFEB/BCEAO de 1995 à 2000,  dans les rangs de Benno Bokk Yaakar, la coalition au pouvoir, ils sont nombreux à faire campagne pour Abdoulaye Diallo, actuel président du Conseil économique, social et environnemental (Cese). 

Cadre authentique de l’APR, cet inspecteur des impôts de classe exceptionnelle, maire de la commune de Boké Dialloubé dans le département de Podor, reste un adversaire sérieux pour Amadou Bâ. Les deux protagonistes sont issus du même sérail des Impôts et Domaines, voie royale pour des ascensions politiques. 

Tout comme le premier ministre Amadou Bâ,  Abdoulaye Daouda Diallo est diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) de l’Université Cheikh-Anta Diop et du  Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires.

Directeur général de la Loterie nationale sénégalaise de 2001 à 2003, secrétaire général du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales de 2005 à 2007 et secrétaire général de l’Institut prévoyance retraite du Sénégal, il perdra ce dernier poste quand les pandores de la république lui trouveront des accointances avec Macky Sall, alors président de l’assemblée déchu. Dans les cercles de l’Alliance pour la République (APR), parti du président Macky Sall, l’on rappelle volontiers que Abdoulaye Daouda Diallo fut des douze apôtres signataires de l’acte de naissance du parti. Pour sûr, depuis 2012, il enchaîne les maroquins. Ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget d’avril 2012 à septembre 2013 puis ministre de l’Intérieur de septembre 2013 à 2017, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement de septembre 2017 à avril 2019 et, enfin, en avril 2019, ministre des Finances et du Budget, remplaçant Amadou Ba dans un ministère qui venait d’être dissocié de l’Economie, Abdoulaye Daouda Diallo compte de nombreux soutiens au sein de l’appareil du parti.

Lors du remaniement de septembre 2022, il quitte le poste de ministre des Finances et du Budget pour devenir directeur de de cabinet du président de la République, le temps de le recaser au Conseil économique et social suite au départ de Idrissa Seck..
Un autre fidèle des fidèles passerait pour un apparatchik, il s’agit d’Ali Ngouille Ndiaye, actuel ministre de l’Agriculture, de l’Equipement Rural et de la Souveraineté Alimentaire. Très populaire dans le Djolof, centre-pays où il créa en 2007 un Mouvement pour la Renaissance du Djolof (MRD) qui rejoindra plus tard Macky Sall, Ali Ngouille Ndiaye a un parcours académique à la hauteur des ambitions  qu’on lui prête.  Il fait ses études à l’Ecole Polytechnique de Thiés et y sort en 1988 avec un diplôme de génie civil. Il part ensuite étudier à l’Institut de technologie de l’Illinois (USA) et y obtient un diplôme de troisième cycle en finances.

Successivement ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Industrie de 2012 à 2017 puis ministre de l’Intérieur  de 2017 à 2020, il quittera le gouvernement en novembre 2020. Le temps d’une pause, Ali Ngouille Ndiaye reviendra en 2022 dans le gouvernement tout  de Amadou Ba. Le maire de Linguère, réélu en 2022, rêve du clair pays mais doit lui aussi se reporter aux choix du parti et de la coalition.

Complétant le carré des fidèles, Abdoulaye Diouf Sarr, diplômé de l’Université Lumière Lyon II en économie et en institutions financières et finances d’entreprises à l’Université Senghor d’Alexandrie , pourrait accuser un certain retard par rapport à ses trois alliés.  Son compagnonnage avec Macky Sall ne fut pas un long fleuve tranquille. En mai 2022 alors qu’il est ministre de la Santé et de l’Action Sociale, il est limogé après la mort de 11 nouveau-nés dans un incendie à l’hôpital de Tivaouane. Ses résultats auraient été plus probants en tant que ministre du Tourisme et des Transports aériens. Également ancien  ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Diouf Sarr a été battu en 2022 à dans son duel face à Barthelemy Diaz pour se faire élire maire de Dakar. Un échec qui donne un aperçu du chemin à parcourir par l’actuel directeur général du Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS), qui aura besoin de plus d’une onction pour s’ouvrîr la route vers un destin national. Pour sûr, la bataille sera rude pour tout le monde.

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