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Moody’s change la perspective de Oragroup de “stable” à “negative”

Au centre des interrogations, le timing du plan de recapitalisation et la capacité du nouveau repreneur, L’agence de notation Moody’s a confirmé en date du 23 juin 2023 la note de crédit de Oragroup S.A. Toutefois, si la notation d’émetteur à long terme Caa2 a été reconduite, la holding bancaire voit sa perspective à long terme dégradée,…

Au centre des interrogations, le timing du plan de recapitalisation et la capacité du nouveau repreneur,


L’agence de notation Moody’s a confirmé en date du 23 juin 2023 la note de crédit de Oragroup S.A. Toutefois, si la notation d’émetteur à long terme Caa2 a été reconduite, la holding bancaire voit sa perspective à long terme dégradée, passant de “stable” à “négative”.

Cette action reflète l’incertitude entourant le plan de recapitalisation du groupe dans le contexte (a) de la sortie prévue de l’actionnaire majoritaire existant, Emerging Capital Partners ; et (b) les divers efforts de mobilisation de capitaux en cours de la société”, explique Moody’s dans la note signée par Mik Kabeya, VP-Senior Analyst et Antonello Aquino, Associate Managing Director.

En filigrane, le marché s’interroge sur les plans du repreneur (Vista Group) et sa capacité à injecter du capital frais.

Aux yeux des analystes de l’agence, la perspective négative capte également le risque que l’affaiblissement significatif de la capitalisation du groupe puisse compromettre sa capacité à continuer à fonctionner sans contraintes réglementaires, dans le contexte du non-respect par le groupe des ratios minimaux réglementaires.

La détérioration soudaine et significative des ratios de fonds propres réglementaires en 2022 en dessous du minimum réglementaire a été entraînée par l’augmentation significative des actifs pondérés en fonction des risques du groupe suite à (a) une croissance rapide du bilan ; ainsi que (b) l’expiration de certaines garanties bancaires qui couvraient auparavant une partie du portefeuille de prêts. L’affaiblissement important de la capitalisation du groupe pourrait limiter la capacité de l’entreprise à absorber les pertes potentielles en cas de besoin. “Nous capturons les défis de gouvernance qui ont conduit au dépassement du ratio de capital minimum réglementaire à travers un ajustement qualitatif négatif d’un cran intégré dans le BCA du groupe”, avertit l’agence américaine.

Le ratio Common Equity Tier 1 (CET1) publié par le groupe a sensiblement diminué à 5,5 % au 30 juin 2022 contre 7,6 % au 31 décembre 2021 selon les normes locales (5,3 % en décembre 2022 contre 10,5 % en décembre 2021 selon les normes IFRS), en violation du minimum réglementaire de 7,5 %. Dans le même temps, l’agence de notation comprend que les ratios de fonds propres réglementaires des principales filiales opérationnelles restent supérieurs aux exigences réglementaires locales – à l’exception du Tchad et de la Mauritanie, qui représentent ensemble 7% du total des actifs. Nous comprenons que tant le groupe que les deux filiales susmentionnées continuent à fonctionner normalement malgré le non-respect des ratios réglementaires. Nous avons ajusté le ratio actions ordinaires tangibles/actifs pondérés en fonction des risques (ratio TCE) à 1,7 % en décembre 2022 (2,6 % en décembre 2021), en incluant les ajustements à la baisse pour les intérêts minoritaires et la pondération des risques sur les titres d’État.

“Nous comprenons que la direction envisage de prendre un certain nombre d’actions pour recapitaliser le groupe, mais considère que le risque de mise en œuvre reste élevé” poursuit Moody’s.

Le plan de recapitalisation comprend d’éventuelles augmentations de capital subordonnées – tant au niveau de la holding que des filiales ; une éventuelle injection de capital de base par le nouvel actionnaire entrant ; l’allégement réglementaire potentiel concernant les exigences de provisionnement supplémentaires appliquées aux filiales déjà conformes dans leurs juridictions locales ; et la génération de capital interne.

Dans ce contexte,  Moody’s a pris en compte divers aspects positifs pour reconduire la notation de Oragroup.

“Notre confirmation du BCA d’Oragroup de caa2 tient compte de l’amélioration progressive de la qualité des actifs du groupe, reflétant la formation limitée de prêts problématiques soutenue par l’assainissement du portefeuille et la croissance du crédit”.

Le ratio prêts problématiques (NPL) sur prêts bruts du groupe a baissé à 15,6 % en 2022 (contre 18,0 % en 2021 et 20,4 % en 2020), mais le ratio prêts de phase 2 sur prêts bruts est passé à 8,9 % en 2022 (contre 4,2 % en 2021). La couverture des prêts à problèmes reste modeste, le ratio réserves pour pertes sur prêts/prêts à problèmes s’établissant à 48 % à fin 2022.

Une rentabilité en retrait 

La rentabilité d’Oragroup a été modeste ces dernières années, un coût du risque relativement élevé pesant sur la bonne rentabilité sous-jacente du groupe. Le ratio du résultat net sur les actifs corporels a légèrement diminué pour s’établir à 0,4 % en 2022, contre 0,5 % en 2021. “Nous notons également que la société développe une politique de financement solide basée sur les dépôts, combiné à une liquidité globalement résiliente”. Le ratio moyen des prêts nets sur les dépôts moyens de l’entreprise était sain à 73 %. Le ratio actifs bancaires liquides sur actifs bancaires corporels de la société s’établit à 43,6% à fin 2022, contre 44,5% à fin 2021.

Le potentiel de hausse des notations est limité compte tenu des perspectives négatives sur les notations à long terme des émetteurs. Les perspectives pourraient être stabilisées s’il y a (a) une amélioration de la capitalisation du groupe, et/ou (b) une réduction de l’incertitude autour du changement potentiel dans la structure de l’actionnariat et autour d’une éventuelle injection de capital de la part du nouvel actionnaire.

Les notations pourraient être abaissées s’il existe (a) une faible capitalisation continue, et/ou (b) une incertitude continue et prolongée autour du changement potentiel de la structure de l’actionnariat, et/ou un (c) un niveau élevé et continu de double effet de levier.

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