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Voici ce qui a poussé la Guinée à claquer la porte de l’OMVS (exclusif)

Moins de 24 heures après que la junte au pouvoir en Guinée ait annoncé son retrait de l’Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), les raisons de la fâcherie sont connues. Le communiqué du 18 juillet 2023 signé par le secrétaire général de la présidence a été publié quelques heures à peine…

Moins de 24 heures après que la junte au pouvoir en Guinée ait annoncé son retrait de l’Organisation de la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), les raisons de la fâcherie sont connues. Le communiqué du 18 juillet 2023 signé par le secrétaire général de la présidence a été publié quelques heures à peine après la tenue (en mode virtuel) de la 19e session de la conférence des chefs d’Etat de l’Organisation où fut décidé le principe de la rotation des mandats au niveau de la conférence des chefs d’Etat et de la conférence des ministres. 

Ainsi, le Colonel Assimi Goïta a passé le témoin au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de Mauritanie. De même, Bintou Camara, ministre malien de l’Énergie et de l’Eau, a pris la présidence du Conseil des ministres de l’OMVS.

Or, il nous revient que Conakry avait introduit une requête demandant à ce que le poste de haut commissaire adjoint, soit attribué à un de ses ressortissants. Cette exigence réitérée depuis la décision de confier le poste de secrétaire général au Sénégal, pays hôte de l’OMVS, n’a pas été satisfaite alors que la Guinée dont trois  affluents donnent naissance au fleuve Sénégal n’abrite plus aucune institution de l’OVMS hormis la  Société de Gestion des Ouvrages du Haut-bassin du fleuve Sénégal en Guinée (SOGEOH).

Officiellement, Conakry justifie le gel de sa participation par les retards accusés dans la mise en œuvre du barrage hydroélectrique de Koukoutamba (300 MW) un projet capital pour la Guinée, qui n’est toujours pas sorti de terre contrairement au barrage de Gouina (140 MW) déjà opérationnel. 

Des sources proches des partenaires chinois engagés dans ce projet expliquent que le financement (800 millions de dollars) bouclé depuis 2019 est toujours disponible mais les procédures ont changé. Autrement dit, le dossier de financement doit être soumissionné de nouveau à la partie chinoise. En coulisses, il se dit que le barrage de Koukoutamba est devenu caduc pour les sénégalais et les mauritaniens suite à la découverte des gisements de gaz de Grand Tortue Ahmiyem (GTA). Les deux pays qui comptent developer chacun une stratégie “gas to power” hésiteraient à s’engager à payer une quote part qui reviendrait à chacun 200 millions de dollars au bas mot. En clair, si Koukoutamba reste d’une importance stratégique pour la Guinée et le Mali, deux pays en déficit énergétique chronique, il l’est beaucoup moins pour Nouakchott et Dakar. Briefé sur ces différents enjeux depuis qu’il est arrivé au pouvoir en septembre 2021, le président guinéen est d’autant plus en colère que son pays a mis plusieurs sites à disposition de l’OMVS dont Boureya et Balassa (300 MW à eux deux) sans un debut de concrétisation auprès de l’organisation. 

Membre fondatrice de l’Organisation des Etats Riverains du Sénégal (OERS), ancêtre de l’OMVS créée en 1968 à Labé, la Guinee, absente  de l’organisation de 1970 à 2006 pour des raisons politiques et réintroduite sous pression de la Banque Mondiale, ne devrait pas rester longtemps à l’écart. 

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