Alors que Harare a pris la décision de prélever 50% des recettes des crédits carbone, cette nouvelle loi semble faire des mécontents. En effet, Gold Standard qui agit en tant que vérificateur pour environ 20 projets de compensation carbone dans le pays a annoncé, mardi 11 juillet, avoir suspendu temporairement ses activités avec effet immédiat. Motif, protester contre cette législation.
Selon la nouvelle mesure, 50% des revenus des projets de compensation des émissions de gaz à effet de serre devront être reversés à l’Etat. De leur côté, les investisseurs locaux devront percevoir au moins 20% supplémentaires, tandis que les partenaires étrangers empochent 30% des revenus.
Les contrats de crédits carbone devront par ailleurs être soumis à l’approbation du gouvernement. Les accords déjà existants seront déclarés « nuls et non avenus », selon la nouvelle loi.
Le Zimbabwe figure actuellement parmi les pays africains et même du monde, les plus engagés, à mettre en place un marché international du carbone, conformément à l’Accord de Paris sur le climat. Dans cette optique, le gouvernement multiplie les initiatives pour réaliser ses objectifs.
D’ailleurs, des titres compensatoires en carbone vont être introduits à la « Zimbabwe Stock Exchange (ZSE) » d’ici le mois de septembre prochain. Ceci pour faciliter des échanges de crédits carbone, en attendant leur réglementation et approbation par le gouvernement.
Selon certains spécialistes, cet élan qui se poursuit risque de s’estomper en raison de la problématique de la répartition des revenus issus des projets de compensation des émissions GES entre les investisseurs (locaux et étrangers) et le gouvernement zimbabwéen.
Pour rappel, les pays africains ont lancé l’Initiative pour les marchés africains du carbone (IMAC) en novembre 2022, en marge de la Conférence mondiale des Nations unies sur le climat (COP27) de Charm-el-Cheikh en Egypte. Elle vise à produire 300 millions de crédits carbone par an et 6 milliards de dollars de revenus d’ici 2030 et 1,5 milliard de crédits carbone et 126 milliards de dollars de revenus par an d’ici 2050.
