Lors de la deuxième session ordinaire de l’année du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) tenue le 26 juin 2023 par visioconférence, le président dudit comité et gouverneur de la BEAC a révélé que « le niveau de devises rétrocédées à la BEAC est passé de 3.000 milliards de FCFA en 2018 à 12.000 milliards de FCFA à fin 2022 ». Pour Abbas Mahamat Tolli, au cours de la période sous revue, le taux de rétrocession de ces devises se situe entre 77 et 80% des recettes d’exportation, avec un niveau minimal de 70%.
«Cet accroissement des devises s’est accompagné d’une amélioration du niveau des réserves de changes de la sous-région dont le niveau a progressé de 1000 milliards de FCFA fin 2018 à près de 8000 milliards FCFA en 2023 », a-t-il indiqué. « Cette progression est due à la bonne tenue des activités économiques, aux efforts de rapatriement des recettes d’exportations, entre autres », poursuit le gouverneur de la BEAC.
Par la suite, Abbas Mahamat Tolli a évoqué l’utilisation des devises rétrocédées à la banque centrale. Avec des nouveautés dans les investissements à financer et un point d’honneur sur la transparence par les demandeurs. « Nous recevons des gens qui viennent avec des documents solliciter des investissements à l’étranger, notamment l’achat d’appartements ou d’autres biens à l’étranger. Il n’y en avait pas du tout par le passé. Ce sont des documents bien renseignés avec des conventions signées par des notaires, ce qui donne plus de visibilité et de transparence dans la sortie et l’avoir des fonds », renseigne le gouverneur de la BEAC. Qui reconnait que « la mise en œuvre de la réglementation de changes n’a apporté que des bénéfices,que ce soit en termes de transparence, de renforcement de la soutenabilité extérieure de notre monnaie, de statistiques ».
« Aujourd’hui, nous maîtrisons le volume de devises qui sort de notre zone et l’identité des produits qu’ils financent », apprend-on.
Pour rappel, outre le niveau des devises rétrocédées à la BEAC, le CPM du 26 juin 2023 a examiné l’évolution récente de la conjoncture économique et les perspectives macroéconomiques tant au niveau international que sous-régional. Il était également question de faire le point sur les résultats obtenus un peu plus de 4 ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de changes au sein de la CEMAC.




