L’avenir de l’économie mondiale dépend de l’Afrique qui dispose aujourd’hui de la population la plus jeune au monde, avec 70 % de moins de 30 ans. Cette démographie africaine peut être une opportunité si elle est orientée pour une transformation structurelle et de diversification des exportations sur le continent, entre autres. C’est ce qui ressort du rapport pour l’édition 2023 de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) lancé en marge de l’assemblée annuelle de la Banque – AAM2023 et des célébrations du 30e anniversaire à Accra, au Ghana, publié ce lundi 10 juillet.
Intitulé : « Production d’exportation et chaînes de valeur régionales en Afrique dans le cadre d’un nouvel ordre mondial », le document révèle que cette population jeune sera une opportunité si cette génération est pleinement habilitée à réaliser son plein potentiel et se voit offrir des opportunités appropriées de travail et d’innovation.
Par conséquent, le rapport encourage les gouvernements africains à investir dans le développement du capital humain et des infrastructures, y compris la recherche et les infrastructures numériques.
Par ailleurs, l’édition 2023 du Rapport sur le commerce en Afrique (ATR2023), souligne que l’Afrique a été résiliente en 2022, malgré un contexte marqué des bouleversements économiques (effets persistants de la pandémie de Covid-19, une inflation record, l’aggravation des tensions géopolitiques et l’intensification des guerres commerciales). Le continent, souligne-t-il, a enregistré une croissance de son PIB en hausse de 3,9 % et son commerce de marchandises en expansion de 20,9 % en 2022, au-dessus de la moyenne mondiale de 12 %.
Pour Dr Hippolyte Fofack, économiste en chef d’Afreximbank, la meilleure performance commerciale de la région était largement soutenue par des termes de l’échange favorables pour les produits de base, la hausse des prix des produits de base compensant la croissance terne du volume du commerce mondial qui a augmenté de 2,7%.
Accélérer la mise en œuvre de la ZLECA
Le rapport recommande d’accélérer la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange continental africain (AfCFTA), ce qui permettra une transformation structurelle des économies africaines. En plus, le document établit que l’environnement africain et mondial est dominé à la fois par la mise en œuvre de la ZLECA et le réalignement des chaînes d’approvisionnement mondiales pour une plus grande résilience. Ceci dans le cadre d’un nouvel ordre mondial est mûr pour le développement de chaînes de valeur régionales (CVR) pour une croissance tirée par la fabrication d’exportation en Afrique.
L’étude affirme que les pays africains devraient soutenir de manière proactive la mise en œuvre de la ZLECA pour soutenir la croissance de la production manufacturière et accélérer le processus de transformation structurelle.
« Alors que le commerce extra-africain est dominé par les produits de base, les produits manufacturés dominent le commerce intra-africain et pourraient catalyser l’industrialisation et le développement des chaînes de valeur régionales à l’ère de la ZLECA », a fait remarquer Dr Hippolyte Fofack.
Afreximbank se dit engagée à soutenir la mise en œuvre de la ZLECA. Dans ce sens, elle souligne avoir lancé un système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) qui a été adopté par l’Union africaine (UA) comme plate-forme de paiement et de règlement. La banque de concert avec le Secrétariat de la ZLECA et l’Union Africaine (UA) a mis en place un Fonds d’ajustement de 10 milliards USD pour aider les pays à participer efficacement à la ZLECA.
