« Je suis candidat ! Candidat pour poursuivre le travail, candidat pour amener le Gabon plus loin, beaucoup plus loin. Je suis candidat pour gagner la bataille économique, candidat pour gagner la bataille du travail. Candidat pour gagner la bataille du changement. Je sais qu’ensemble, unis par la volonté de Dieu, nous gagnerons ». Ces propos prononcés le 09 juillet 2023 par Ali Bongo devant ses partisans lors d’un déplacement à Nkok, une zone économique située à quelques encablures de Libreville, la capitale, viennent définitivement mettre un terme aux spéculations qui ont entouré sa candidature pour la prochaine élection présidentielle.
Autrement dit, le président gabonais sollicite bel et bien le suffrage de ses compatriotes lors de la présidentielle du 26 août prochain, dont une victoire lui ouvrirait les portes pour un troisième mandat après quatorze ans de magistrature suprême. Après l’officialisation de sa candidature, il reviendra symboliquement aux militants du Parti démocratique gabonais (PDG) de l’entériner au terme d’une réunion du parti présidentiel prévue ce lundi 10 juillet. A en croire des observateurs, l’annonce de cette candidature n’a rien de surprenant, au regard du « déploiement d’énergie » affiché par le locataire du Palais de bord de Mer. Et pour cause ces dernières semaines, le président gabonais a multiplié des déplacements à l’intérieur du pays, ce qui s’apparentait déjà à une pré-campagne.
Comment devrait-il abandonner le gouvernail lorsque non seulement il se défend d’un bilan positif depuis son arrivée à la tête de la nation en 2009, mais surtout lorsqu’il nourrit des ambitions de faire du Gabon un pays émergent ? « On peut me reprocher des choses, mais pas de manquer d’ambition pour mon pays. Vous me connaissez, impossible ne fait pas partie de mon vocabulaire. Notre avenir est là devant nous…Ce que nous avons fait ici à Nkok et ailleurs dans d’autres domaines, tels que l’égalité homme-femme, l’environnement, le climat, nous pouvons encore le faire avec autant, sinon plus de réussite sur tous les sujets et il se construit chaque jour avec les Gabonaises et les Gabonais qui travaillent pour leur pays », a-t-il précisé.
Pour l’opposition, l’annonce de la candidature d’Ali Bongo est perçue comme un « manque de respect » envers ses compatriotes, son bilan à la tête du pays étant qualifié de « médiocre ». Un bilan « insignifiant » insiste l’opposition d’autant que « le chef de l’Etat n’est plus en capacité de ses moyens pour diriger le pays ». Allusion à peine voilé à la santé d’Ali Bongo, physiquement diminué depuis son Accident vasculaire cérébral (AVC) en octobre 2018.
Sauf que maintenant que le président est partant pour un prochain mandat, il reviendra à l’opposition de convaincre la majorité de Gabonais pour inverser le pouvoir. Une opposition très divisée, ce qui pourrait, du reste, favoriser la victoire du chef de l’Etat surtout avec un système électoral basé sur le suffrage à la proportionnelle.



