Le président camerounais Paul Biya a marqué son accord pour que la holding financière internationale Rothschild & Co structure l’emprunt en devises du pays, renseigne Ecomatin. Cet emprunt est prévu par la loi des finances rectificatives de juin 2023.
Il s’agit pour le Trésor public de mobiliser 200 milliards de FCFA sur le marché international des capitaux, à travers un placement privé. Pour cette opération, le Cameroun a choisi un prêt en syndication auprès des banquiers et autres institutions financières au lieu d’un eurobond comme ce fut le cas en 2015 et 2021.
A cette époque, le pays avait obtenu cet eurobond à un taux d’intérêt de 5,95%. Un score qu’il voudrait au moins réaliser cette fois-ci avec cet emprunt à devises. Ce, avec la contribution de Rothschild & Co. Dont le choix se justifie également, selon les analystes financiers, par « le passif amical du chef de l’État avec la famille Rothschild et plus particulièrement l’ancien PCA du groupe financier éponyme, Benjamin de Rothschild, décédé à l’entame de l’année écoulée ». Les deux avaient d’ailleurs été aperçus en public ensemble le 26 mai 2015 au palais de l’Unité.
Pour rappel, Rothschild & Co est une holding financière cotée sur Euronext (principale place boursière de la zone Euro) et contrôlée par les branches française et anglaise de la famille Rothschild. Elle côtoie les marchés financiers depuis plus de 200 ans en proposant des conseils en matière de stratégie et de financements, de fusions et acquisitions. On la retrouve également sur le segment des solutions d’investissement auprès des grandes entreprises, familles et des gouvernements à travers le monde.
Avant de se tourner vers la famille Rothschild, le Cameroun avait entamé les négociations relatives à ce financement avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et la banque américaine Citigroup.
Pour finir, l’emprunt à devises de 200 milliards que vise le Cameroun a été convenu avec le Fonds monétaire international (FMI), au cours de la 4ème revue du programme économique et financier avec ce pays d’Afrique centrale. Le gouvernement entend utiliser les fonds mobilisés pour apurer une partie des reste-à-payer de la dette intérieure que l’État aurait dû payer à ses prestataires selon ses prévisions budgétaires de 2022.




