Par Gaétan Benguet, à Douala
Ce mardi 4 juillet à Douala, la capitale économique du Cameroun, le ministre centrafricain des Finances et du Budget, Hervé Ndoba, a rencontré son réseau de 9 spécialistes en valeurs du trésor (SVT) et de potentiels investisseurs de la CEMAC pour promouvoir les titres publics de son pays auprès de ses interlocuteurs. Et préparer un tour de table pour lever 152,6 milliards de FCFA représentant les besoins d’endettement du pays pour 2023. Soit le tiers des 527,4 milliards de FCFA nécessaires pour réaliser des investissements pour la période 2023-2025.
Hervé Ndoba justifie cet exercice de communication par « l’analyse des résultats des émissions de titres publics [qui] révèle qu’une catégorie d’investisseurs ne dispose pas d’informations suffisantes leur permettant de participer à ces opérations d’appel public ». Il est alors question pour le gouvernement centrafricain de d’optimiser ses interventions sur le marché financier à travers une bonne planification et la promotion de ses titres publics. La RCA voudrait également se positionner comme l’un des pays les plus actifs du marché des capitaux sous-régional, voire régional.
Le pays ne manque pas d’atouts. Selon le directeur national de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) de la RCA, Ali Chaïbou, également présent à Douala, « l’analyse des différentes opérations autour des emprunts obligataires, en vue de la relance et de la redynamisation de l’économie de la RCA révèle une constante augmentation malgré la suspension des aides budgétaires par l’Union européenne, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la France ».
Ainsi, poursuit-il pour illustrer son propos, « à fin juin 2022, l’encours des titres publics de la RCA se chiffre à 64,4 milliards de FCFA, contre 49,1 milliards à fin décembre 2021, soit, 4,2% du PIB ». Par ailleurs, toujours selon la même source, « l’encours des valeurs du Trésor de la CEMAC, se chiffre à environ 5 000 milliards de FCFA dont la part de la RCA représente 1,3%. Ce ratio laisse entrevoir toute l’opportunité qui s’offre aux SVT et les autres investisseurs pour l’acquisition des titres émis par la RCA ». Enfin, actuellement, la RCA applique un taux attractif de 5,4% pour les bons du Trésor assimilables (BTA) et de 6,33% pour les obligations du Trésor assimilables (OTA). Une opportunité pour les investisseurs potentiels et les SVT.
Pour rappel, l’activité du ministère des Finances et du Bubget centrafricain à Douala s’inscrit dans une démarche de « restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire centrafricain via le redéploiement des services publics et la réalisation des projets visant l’amélioration des conditions de vie des citoyens ». Les autorités centrafricaines entendent alors utiliser les fonds levés pour « couvrir les besoins de fonctionnement courant de l’État, apurer les arriérés des exercices 2021 et 2022 et financer certains projets spécifiques d’investissement de l’État, notamment des projets d’infrastructures routières et sociales de base ».
