L’on connaît ce que revêt la terminologie «Bien Mal Acquis » du nom de cette longue procédure de la justice française contre les avoirs présumés détournés des chefs d’Etat du Gabon, du Congo et de la Guinée Équatoriale. Usant de la même terminologie, une association gabonaise a fait irruption le 21 juin dans un cadre aseptisé d’une vente aux enchères estampillée Sotheby’s. Ce jour là 50 pièces d’Hélène Leloup étaient en vente avec un masque Fang au centre de toutes les attractions. Estimé entre 3 et 6 millions d’euros, ce masque n’a pas finalement trouvé preneur. Prix surestimé ?
Les collectionneurs ont été vraisemblablement refroidis par la bruyante intrusion et revendication d’activistes gabonais. «Nous indiquons que cette relique est un objet sacré utilisé dans nos rites bièri », lit-on dans le communiqué lu par l’association. «Elle représente nos ancêtres, appartient à notre communauté et ne saurait être mise en vente. Il s’agit donc au minimum d’un bien mal acquis». À la manœuvre de ce coup d’éclat médiatique, l’activiste gabonais Yannick Meyo, qui disait s’exprimer sous le couvert du collectif Gabon Occitane et du Conseil représentatif des associations noires de France. La vénérable maison américaine, sise 8 rue de Faubourg Saint-honoré, dans le huitième arrondissement a été secouée par cet incident qui ne lui a pas empêché de vendre mais a réduit l’intérêt des collectionneurs.
En mars 2022, un masque Fang du XIXe siècle avait été vendu plus de quatre millions d’euros lors d’une vente aux enchères organisée à l’hôtel des ventes de Montpellier (France. La séance avait égal été perturbée par l’intrusion d’un activiste parlant de vol et de recel d’œuvres issues du pillage colonial.
Face à la controverse, d’anciens pays colonisateurs comme la Belgique et la France ont entamé des processus de restitution des œuvres. En novembre 2021, la France a ainsi remis 26 trésors royaux au Bénin pillés dans le palais d’Abomey en 1892 par les troupes coloniales.
