L’agence S&P maintient la note B+/B’ du Sénégal assortie de perspectives stables. Il est fort probable que les analystes de S&P Global Ratings n’aient pas intégré les évènements actuels à Dakar.
S&P Global Ratings (l’ex-Standard & Poor’s) a confirmé vendredi 3 juin les notes de crédit souverain à long et à court terme en devises étrangères et locales « B+/B » sur le Sénégal assorties de perspectives stables. Selon la grille de S&P Global Ratings, la note B+B relève de la catégorie «spéculative», celle qui recèle «une capacité incertaine à terme de l’emprunteur à faire face à ses obligations ».
Les analystes de l’agence de notation financière américaine justifient les perspectives stables adossées à la note : « celles-ci reflètent l’équilibre entre les risques découlant des déséquilibres budgétaires et extérieurs actuellement élevés du Sénégal et les bonnes perspectives économiques à moyen terme du pays et la réduction attendue de ses déficits jumeaux ».
L’agence prévoit deux scénarios possibles à court terme (sur les 12 prochains mois). Le premier, celui d’une révision à la hausse de la notation à condition que les déséquilibres extérieurs diminuent sensiblement grâce à une croissance soutenue des exportations, notamment des hydrocarbures. L’élargissement de l’assiette fiscale pourrait également entraîner une contraction de l’encours de la dette par rapport au PIB, soutenue par une forte croissance économique à moyen terme. Le deuxième scénario est celui de la baisse de la note « si les déficits budgétaire et extérieur se creusent et si les taux de croissance du PIB réel sont nettement plus faibles que les prévisions ».
S& P Global Ratings affirme avoir confirmé nos notations souveraines sur le Sénégal car elle estime que, bien que l’activité économique ait ralenti l’année dernière en raison de l’impact de l’invasion russe de l’Ukraine, la croissance du PIB réel devrait s’accélérer cette année et en 2024. Cela résultera principalement du démarrage de la production des hydrocarbures attendue au quatrième trimestre 2023
Par ailleurs, l’agence de notation prévoie une accélération de l’activité dans les secteurs des technologies de l’information et de l’informatique, des transports, de la construction, de l’énergie et des mines, en partie grâce aux réformes dans le cadre du Plan Sénégal Emergent. La feuille de route pour investir dans les infrastructures publiques, l’éducation et l’amélioration de l’environnement des affaires et de la gouvernance sont des leviers pouvant accélérer la croissance du PIB réel d’environ 9 % en moyenne en 2023-2024.




