Face à la persistance de l’inflation, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque centrale du Nigeria (CBN) a décidé de relever pour la 7e fois consécutive son principal taux directeur. En marge de sa 3e réunion de l’année 2023 tenue le 24 mai, la principale instance de pilotage macroéconomique du pays a en effet augmenté son taux de 50 points de base à 18,5 % contre 18 % précédemment.
Cette décision, selon l’instance, pourrait engendrer des conséquences désastreuses à long terme sur la croissance économique et l’attractivité des capitaux étrangers. « Alors que nous continuons de resserrer notre politique monétaire avec l’augmentation continue des taux d’intérêt pour contenir l’inflation, des effets pervers peuvent apparaître dans le long terme notamment en entravant la croissance », a notifié le MPC.
Cependant le comité souligne que malgré cette inflation qui porte un sacré coup à l’économie du pays, d’autres variables macroéconomiques évoluent dans la bonne direction.
L’inflation perdure
Le comité a fait savoir que l’inflation perdure dans le pays, malgré la hausse continue du taux directeur. Si l’on se fie à ses statistiques, le taux est passé de 22,04 % en mars 2023, à 22,22 % en avril 2023, soit une hausse de 18 points de base.
Cette augmentation est liée en grande partie à l’accroissement continu de la composante alimentaire, passant à 24,61 % en avril 2023, contre 24,45 % en mars 2023. Pour sa part, la composante de base a également augmenté à 20,14 % en avril 2023, contre 19,86 % en mars 2023.
Sur une base mensuelle, l’inflation globale a augmenté à 1,91 % en avril, contre 1,86 % le mois précédent.
Cependant, le taux d’inflation global a connu une modération au cours de l’année dernière, passant à 21,34 % en décembre 2022 contre 21,47 % en novembre 2022, tirée par une baisse de l’inflation alimentaire (-39 points de base).
Croissance
Au terme du premier trimestre 2023, le produit intérieur brut (PIB) réel du Nigéria a augmenté de 2,31 %, contre 3,11 % au trimestre correspondant de 2022 et 3,52 % au dernier trimestre de l’année écoulée. L’économie, souligne la banque centrale, a modéré sa trajectoire de reprise actuelle, affichant une croissance positive, malgré une incertitude et des vents contraires.
