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La BAD plus optimiste que la Banque Mondiale et le FMI 

De notre envoyé spécial. Dans son rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique dévoilé le 24 mai en marge de ses assemblées générales annuelles, qui ont lieu du 22 au 26 juin à Charm El Cheikh (Égypte), la Banque Africaine de Développement (BAD) table sur une croissance moyenne du continent devant se stabiliser à 4,1…

De notre envoyé spécial.

Dans son rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique dévoilé le 24 mai en marge de ses assemblées générales annuelles, qui ont lieu du 22 au 26 juin à Charm El Cheikh (Égypte), la Banque Africaine de Développement (BAD) table sur une croissance moyenne du continent devant se stabiliser à 4,1 % entre 2023 et 2024. 

L’institution panafricaine basée à Abidjan se montre plus optimiste que le FMI qui ne voit pas la partie subsaharienne du continent (les institutions de Breton Wood séparent l’Afrique en deux parties, l’Afrique du Nord étant rangée dans la zone MENA), au delà de 3,6% en 2023 et 4,2% en 2024 en raison d’une « forte pénurie de financement », alertait Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. 

Ainsi, le FMI qui a fourni aux pays concernés un financement d’environ 50 milliards de dollars depuis le début de la pandémie se montre beaucoup plus conservatrice que la Banque Africaine de Développement. Laquelle base ses prévisions, présentées par le Prof. Kevin Chika URAMA, chef économiste, sur la résilience des économies africaines. “Les chocs externes ont entraîné une réduction du taux de croissance réel du produit intérieur brut (PIB) du continent de 4,8 % en 2021 à 3,8 % en 2022”.

Cependant, poursuit-il, les économies africaines restent résilientes avec une croissance moyenne qui devrait se stabiliser à 4,1 % sur la période 2023-2024.

Pour sa part, la Banque Mondiale situé la croissance subsaharienne à 3,7 en 2024 et 3,9 % en 2025. La mère des institutions multilatérales de développement s’avère elle aussi pessimiste. 

Au delà de la perspective, le rapport de la BAD a mis en exergue l’impact du changement climatique dans les économies africaines et, particulièrement, le rôle du secteur privé pour combler le gap de financement.  Selon les nouvelles études de la Banque basées sur les dernières contributions déterminées au niveau national (CDN) soumises par les pays africains, le financement du secteur privé devra augmenter de 36 % par an jusqu’en 2030 pour combler le déficit de financement climatique du continent, évalué en moyenne à 213,4 milliards de dollars américains par an. « Cela sera important pour répondre aux besoins de financement climatique du continent, estimés à 2800 milliards de dollars sur la période 2020-2030, soit 250 milliards de dollars par an », a estimé le chef économiste de la BAD.

Selon les régions, les pays de l’Afrique de l’Est devront tirer leur épingle du jeu, avec une croissance attendue de 4,4 % en 2022 à 5,1 % en 2023 et 5,8 % en 2024, soit la plus forte du continent, un retournement de situation pour une région tombée en récession lors de la pandémie. La BAD  relève également le cas de l’Afrique Australe, en panne d’électricité, avec une croissance de 1,1 point de pourcentage, passant d’une estimation de 2,7 % en 2022 à 1,6 % en 2023. Alors que l’Afrique du Nord et de l’Ouest devront maintenir la cadence. Dans la première zone citée, la croissance devrait passer de 4,1% en 3022 à 4,6% en 2023 et 4,4 % en 2024. Dans la deuxième, la croissance devrait passer de 3,8% en 2022 à 3,9% en 2023 et 4,2% en 2024.

Les économies dépendantes du tourisme devront croître. De manière générale, la forte inflation et le coût du service de la dette seront des facteurs à prendre en compte. Il en sera aussi de la prétendue «surévaluation»du risque Afrique qui, expurgé des préjugés extérieurs, ferait économiser 74 milliards de dollars au continent.

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