Confrontées à une pression sur les finances publiques avec notamment les remboursements de la dette bilatérale envers la Chine, les autorités kényanes peuvent pousser un grand « ouf » de soulagement. En effet, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, le 23 mai 2023, avoir trouvé un accord pour un prêt d’un milliard de dollars pour le pays d’Afrique de l’Est.
Ces ressources devront permettre à la plus grande économie de la région de faire face à la détérioration de ses finances publiques occasionnée surtout par les remboursements de sa dette et les effets de la pire sécheresse depuis 40 ans.
L’institution de Bretton Woods a indiqué qu’elle va augmenter d’environ 544 millions USD le mécanisme élargi de crédit et la facilité élargie de crédit mis à sa disposition. Ces derniers, souligne un communiqué du FMI, seront prolongés de 10 mois supplémentaires, jusqu’en avril 2025, afin de donner plus de temps pour satisfaire à toutes les exigences.
Le Kenya aura également accès à environ 544 millions USD au titre de la facilité pour la résilience et la viabilité conçue pour renforcer la résilience et l’adaptation au changement climatique.
Le FMI a précisé que le nouvel accord conclu avec les autorités kényanes sera examiné par son conseil d’administration en juillet prochain, rappelant que « le montant cumulé des fonds engagés en faveur du pays au titre des trois facilités s’élevait à environ 3,5 milliards USD ».
Victimes de la dette chinoise
Selon le trésor kényan, les finances publiques ont souffert du remboursement de la dette chinoise dont le coût atteignant 107,42 milliards de shillings (environ 780,5 millions USD) a été le plus élevé des dépenses de l’Etat durant l’exercice 2021-2022.
Ce remboursement a été en grande partie transféré aux prêteurs – Exim Bank of China et China Development Bank – en deux tranches de 58,89 milliards de shillings (environ 428 millions USD) et de 48,53 milliards de shillings (environ 353 millions USD) au cours du premier trimestre 2023.
À noter que le Kenya, sous l’administration de l’ancien président Uhuru Kenyatta, a largement contracté des prêts auprès de la Chine pour financer ses projets phares notamment dans les domaines des infrastructures et de l’énergie.
Affaibli notamment par la sécheresse, le pays a sollicité en avril dernier un nouveau financement du FMI au titre du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité. Un mécanisme de prêt lancé en 2022 par l’institution financière pour aider les pays à revenu faible ou intermédiaire qui présentent des risques macroéconomiques.
A l’image de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, le Kenya dont son économie est fortement dépendante des services avec plus de 45% du PIB, est confronté à la charge de sa dette. Selon les dernières estimations, les remboursements à ces créanciers commerciaux se sont élevés à 114,07 milliards de shillings (environ 829 millions USD).
