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Des Panda aux Green Bonds: la BAD à l’initiative sur la finance climat

De notre envoyé spécial à Charm El Cheikh. En conférence de presse le 22 mai 2022 à Charm El Cheikh, Egypte, face aux médias venus des quatre coins du continent et du monde, Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de Développement (BAD), a laissé entrevoir les grandes initiatives de l’institution en vue de concilier…

De notre envoyé spécial à Charm El Cheikh.

En conférence de presse le 22 mai 2022 à Charm El Cheikh, Egypte, face aux médias venus des quatre coins du continent et du monde, Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de Développement (BAD), a laissé entrevoir les grandes initiatives de l’institution en vue de concilier financement du développement et climat dans la nouvelle architecture financière mondiale. De l’appui décisif à l’Egypte pour son émission de 500 millions de dollars de son «Green Panda bond », -obligations vertes libellées en yuan chinois mais émises par des emprunteurs étrangers- , à la réorientation des DTS supplémentaires émis lors de la COVID-19, la banque notée triple A est entrain de verdir son pipeline  de projets à grands pas. 

« La Banque africaine de développement est le fer de lance des efforts d’adaptation au climat sur tout le continent et a consacré 63 % de ses engagements au financement climat, le plus élevé de toutes les banques multilatérales de développement », estime Adesina accompagné lors de la conférence de presse par les vice-présidents, le professeur Kevin Urama, Dr Kevin Kariuki, lDr Beth Dunford, Solomon Quaynor, Marie-Laure Akin-Olugbade et Simon Mizrahi.

L’institution basée à Abidjan a entre autres lancé l’initiative Desert to Power pour développer 10 000 mégawatts d’énergie solaire au profit de 250 millions de personnes à travers le Sahel. En outre, la Banque et le Centre mondial pour l’adaptation ont initié le Programme africain d’accélération de l’adaptation (AAAP) afin de mobiliser 25 milliards de dollars pour soutenir l’adaptation de l’Afrique au changement climatique. Il a également créé l’Alliance pour les infrastructures vertes (AGIA) en partenariat avec d’autres institutions, afin de mobiliser 10 milliards de dollars d’investissements privés pour les infrastructures vertes en Afrique.

Il faut le dire, en Égypte, hôte des assemblées générales annuelles de la sœur utérine de l’Union Africaine, le terrain est favorable pour la finance climat. Le pays qui s’est doté d’un cadre normatif pour la finance verte en 2020 a émis sa première obligation verte de 750 millions de dollars en septembre de la même année, une première au Moyen-Orient. Cette émission souveraine a ouvert la voie au secteur privé local. Ainsi, une banque égyptienne a coté 100 millions de dollars d’obligations vertes en 2021 avec l’appui de la Société Financière Internationale (SFI). 

La BAD qui a appuyé l’Egypte dans son initiative climat a aussi accompagné le Kenya dans l’émission de son obligation verte de 4,3 milliards de shilling (40 millions de dollars ) sursouscrites.

Ces initiatives seront d’autant plus nombreuses que les promesses de la finance verte seront tenues. Pour l’heure, l’on est loin du compte, déplore le président de la Banque Africaine de Développement (BAD) rappelant les fameux 100 milliards de dollars promis par les pays développés en marge des dernières COP et la part marginale du continent dans la finance verte et les fonds de compensation carbone. « Il faut le juste prix du carbone » , a répété Adesina.

A cheval dans l’innovation, la BAD a émis la première obligation synthétique de 1 milliard de dollars en 2018 destinés aux infrastructures. Concernant le privé, la Banque de développement a opéré une sorte de recyclage de 2 milliards de dollars de dettes non souveraines avec l’aide du gouvernement britannique. L’argent ainsi fluidifié est réinjecté vers le secteur privé. 

Désormais dotée d’une fenêtre verte, mise en place en partenariat avec la société d’investissements française Amundi, la plateforme Green Bank Network basée à Belo Horizonte au Brésil, le Fonds d’investissement climatique (CIF) administré par la Banque mondiale et le projet Action climatique en Afrique, la BAD doit encore convaincre les partenaires à lui allouer une partie des DTS des pays développés émis lors de la Covid. « Chaque dollar pourra ainsi être multiplié par trois à quatre » par effet de levier encore expliqué Adesina aux médias. Cette initiative menée de concert avec la Banque Interaméricaine de Développement rencontre un écho favorable au FMI et auprès d’autres institutions multilatérales. D’ailleurs un nouveau rapport de Development Reimagined, société de conseil en développement international, en partenariat avec la Finance for Development Lab basée en Chine, publié le 18 mai, estime que la Banque africaine de développement (BAD) est le meilleur canal pour que les Droits de tirage spéciaux (DTS) alloués à l’Afrique arrivent à destination.

En attendant, les déficits s’accumulent. Selon les estimations de la Banque, l’Afrique aura besoin de 2 700 milliards de dollars d’ici 2030 pour financer ses besoins en matière de changement climatique. «  « Si l’Afrique avait cet argent, le Sahel aurait l’électricité. Si l’Afrique avait cet argent, nous rechargerions le bassin du Tchad, qui a fourni des moyens de subsistance à des millions de personnes au Tchad, au Nigeria, au Niger et au Cameroun. Tout va changer dans tous ces pays ; nous reverdirons le Sahel. Nous assurerons chaque pays africain contre les événements météorologiques catastrophiques », a notamment déclaré Adesina.

Pour rappel,  Charm el-Cheikh accueille du 22 au 26 mai  2023, les 58èmes Assemblées annuelles du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de  développement et les 49èmes réunions du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement.

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