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La diaspora africaine a transféré 100 milliards de dollars vers l’Afrique (podcast)

-Les banques commerciales africaines se bousculent sur le segment des transferts et ratentune belle opportunité de structurer une chaîne de valeur.–Les néo-nationaux fondateurs de fintech et initiateurs de fonds, des pépites de ladiaspora7 fois plus que l’Aide publique au développement (APD) et bien plus que les fameuxInvestissements directs étrangers (IDE) pour lesquels les pays se…


-Les banques commerciales africaines se bousculent sur le segment des transferts et ratent
une belle opportunité de structurer une chaîne de valeur.

Les néo-nationaux fondateurs de fintech et initiateurs de fonds, des pépites de la
diaspora

7 fois plus que l’Aide publique au développement (APD) et bien plus que les fameux
Investissements directs étrangers (IDE) pour lesquels les pays se concurrencent à coup de
batteries d’incitations fiscales et administratives. Les transferts de la diaspora africaine vers
le continent ont atteint 100 milliards de dollars en 2022, soit le cinquième du volume de
transferts de la diaspora mondiale. Mais, apprend-on en marge du colloque «Diasporas et
développement des territoires : opportunités croisées », tenu le 28 avril 2023 à Paris à
l’initiative de l’Association internationale des mairies francophones (AIMF), en partenariat
avec Impact Diaspora, seuls 3 à 10% de ces transferts sont dédiés à l’investissement
productif structurant. «Quand il y a investissement, c’est souvent pour des tickets inférieurs
à 50 000 euros investis souvent dans la capitale du pays d’origine », explique Samir Bouzidi,
président de Impact Diaspora.
Pour ce français descendant d’immigrés tunisiens, « la diaspora investit son épargne, de
l’argent qu’elle n’a pas le moyen de perdre », invitant les banques, institutions financières
et organismes spécialisés à structurer une chaîne de valeur autour de cette population. Les
banques africaines disposant de passeports européens se bousculent sur le segment
transfert d’argent délaissant l’accompagnement en investissement, en acquisition de biens
immobiliers et en placement de l’épargne en euros et en monnaie locale. Par région, les
diasporas de l’Afrique du Nord sont plus installés économiquement avec 10 à 15% des
transferts dédiés à l’investissement.
De manière générale, les néo-nationaux montent et créent un écosystème de fonds
d’investissement, de fintech porteuses de solutions pratiques de paiement et de services et,
bientôt certainement, de néo-banques. Les jeunes issus de la diaspora bien formés à l’instar
de Moussa Bakayoko, CEO de Ciwara Capital, société d’investissement monté en partenariat
avec Investisseurs et Partenaires (I&P) avec objectif d’investir dans les TPE à fort impact. Cas
aussi de Nelly Chatue-Diop, informaticienne spécialisée en blockchain, CEO de la société
Ejara, qui a obtenu son agrément auprès des régulateurs de la zone CEMAC (Communauté
économique de l’Afrique Centrale) pour un positionnement sur les obligations des Etats
membres vire sa tokenisation avec, à la clé, des plus values à réinvestir dans le social. En
novembre 2022, la plateforme Ejara a levé 8 millions d’euros en investissement de série A.
Autre start-up en pleine lancée , African Puzzle Works qui accompagne les petites
entreprises et celles évoluant dans l’informel dans la gestion de projet, la création de fichiers
clients, le suivi de trésorerie, l’agenda intelligent et le show room. Fondée par Bams et
Renée Clément, African Puzzle Works entend lever entre 1,7 et 6,3 millions d’euros.
En clair, les diasporas contribuent aux transferts de fonds mais devraient à l’avenir être le
pont pour un transfert de compétences et de technologie vers le continent.

Ecouter le podcast sur la diaspora

Des flux qui vont en priorité vers trois pays

Trois pays ont attiré 64% de ces envois. Par région, l’Afrique du Nord a drainé 46 milliards de dollars, alors que pour les pays d’Afrique subsaharienne, les envois se sont établis à 49 milliards de dollars. Par pays, c’est l’Egypte, forte d’une diaspora dépassant les 10 millions de personnes dans le monde, qui a consolidé sa position de premier pays bénéficiaire des transferts d’argent, attirant un montant record de 31,5 milliards de dollars en 2021, en hausse de 6,4%. Représentant 7,9% du PIB en 2021, 

Vient ensuite le Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique (plus de 206 millions d’habitants, selon la BM) a vu les transferts de sa forte diaspora implantée au Royaume-Unis, aux Etats-Unis, au Canada, etc., augmenter de 11,2% à 19,2 milliards de dollars. Le Maroc occupe la troisième place, avec des transferts atteignant 10,4 milliards de dollars en 2021, représentant 7,8% du PIB du pays. Le Ghana et le Kenya bouclent le top 5 avec des transferts de respectivement 4,5 et 3,7 milliards de dollars. Le Sénégal (2,7 milliards de dollars), la Tunisie (2,2 milliards de dollars), le Zimbabwe (2 milliards de dollars), l’Algérie (1,8 milliard de dollars) et la RDC (1,3 milliard de dollars) complètent le top 10 des principaux bénéficiaires des transferts de fonds de la diaspora africaine.

Le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars était de 6 % au quatrième trimestre de 2021, soit le double de la cible fixée par les Objectifs de développement durable (ODD), à savoir 3 %. C’est vers l’Asie du Sud qu’il est le moins coûteux d’envoyer de l’argent (4,3 %) et vers l’Afrique subsaharienne que les frais sont au contraire les plus onéreux (plus de 7,8 %).

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