Mardi 15 septembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

,

AM Best sceptique pour les réassureurs face aux risques émergents

Les compagnies de réassurances opérant sur le marché africain sentent le poids de la détérioration de l’environnement de risque dans de nombreux pays sur leurs actifs, malgré les efforts des réassureurs pour atténuer l’impact des défis macroéconomiques, selon les conclusions d’un rapport spécial publié le 8 mai 2023 par AM Best, une agence de notation…

Les compagnies de réassurances opérant sur le marché africain sentent le poids de la détérioration de l’environnement de risque dans de nombreux pays sur leurs actifs, malgré les efforts des réassureurs pour atténuer l’impact des défis macroéconomiques, selon les conclusions d’un rapport spécial publié le 8 mai 2023 par AM Best, une agence de notation américaine axée sur le secteur de l’assurance.

Dans le document intitulé « Economic Challenges Exacerbate Risks Faced by (Re)Insurers in Africa », AM Best met en cause la baisse de la solvabilité de nombreux émetteurs de dette africains qui a entraîné une augmentation du risque des actifs des réassureurs et devrait impacter leur résilience. Ceci, malgré les solides réserves de fonds propres de ces derniers, soutenues par un levier de souscription généralement faible et des portefeuilles d’investissement relativement conservateurs par classe d’actifs.

« Les (ré)assureurs les mieux notés en Afrique sont généralement bien capitalisés, mais sensibles aux chocs économiques. La majorité des (ré)assureurs notés par AM Best opérant en Afrique disposent de coussins solides dans leur capitalisation ajustée au risque, telle que mesurée par le ratio d’adéquation des fonds propres », note le rapport.

Selon l’agence de notation, ces risques ont été exacerbés au cours des dernières années par des chocs externes, tels que la pandémie de COVID-19 et le conflit russo-ukrainien. Cette situation défavorable devrait perdurer durant l’année 2023 du fait de l’inflation avec la flambée des prix des produits de base, résultant des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et des chocs de prix au niveau mondiale, obligeant les banques relever leurs taux d’intérêt et augmenter les coûts d’emprunt. Dans le même temps, la dévaluation rapide de nombreux marchés émergents a alourdi la charge de remboursement de la dette libellée en devises, notamment en Afrique subsaharienne et plus particulièrement au Ghana, au Kenya, au Nigéria et en Afrique du Sud.

AM Best note une détérioration de l’environnement de risques dans de nombreux pays africains, malgré les efforts des réassureurs du continent visant à atténuer les risques macroéconomiques.

« Il ne sera pas toujours possible pour les compagnies de gérer pleinement ces risques et, dans les cas les plus extrêmes, la détérioration des conditions pourrait entraîner une pression négative sur les évaluations de la gestion des risques d’entreprise de certains réassureurs les mieux notés.», précise-t-il.

Le Ghana, un cas d’école

En février dernier, le Ghana a conclu et réglé avec succès son échange de dette intérieure, avec un taux de participation des créanciers d’environ 85 % des obligations éligibles contre de nouvelles obligations avec des échéances plus longues et des taux moyens. Selon AM Best, le marché local de la réassurance a une allocation d’actifs à risque modéré, avec des titres à revenu fixe actifs, l’immobilier et les dépôts bancaires constituant les trois principales classes d’actifs.

Cependant, les réassureurs ghanéens investissent massivement dans la dette des collectivités locales. Comme la solvabilité de ces investissements souverains domestiques s’est détériorée, le risque des actifs des entreprises a augmenté, impactant négativement leur capitalisation ajustée au risque.

Suite à l’achèvement de l’échange de la dette intérieure, AM Best s’attend à ce que les dépréciations d’actifs qui en résultent aient un impact négatif sur la solvabilité et la rentabilité du marché national de la réassurance.

Partager :f????in

Financial Afrik Premium

Lisez la finance africaine comme un professionnel

Accès illimité à 30 000 articles, archives 2013-2026, magazine PDF mensuel, alertes mots-clés, base de données dirigeants et newsletters premium.

à partir de 9 € / mois · sans engagement