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Afrique subsaharienne : « adopter des réformes face à la pénurie de financement »

L’économiste sénégalais Babacar Sène a indiqué, lors d’une intervention ce mardi 9 mai, que les Etats de l’Afrique subsaharienne doivent adopter des réformes pour améliorer la mobilisation des ressources internes face à la pénurie de financement qui se profile à l’horizon. Et a cité lesquelles. En effet, l’école doctorale de CITech -ISAE ISM Paris, en…

L’économiste sénégalais Babacar Sène a indiqué, lors d’une intervention ce mardi 9 mai, que les Etats de l’Afrique subsaharienne doivent adopter des réformes pour améliorer la mobilisation des ressources internes face à la pénurie de financement qui se profile à l’horizon. Et a cité lesquelles.

En effet, l’école doctorale de CITech -ISAE ISM Paris, en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI), l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’université de Bangui (Centrafrique), et l’Ecole Nationale de l’Administration et de la Magistrature de Dakar ont organisé, par visioconférence, des rencontres des flux, espace commun d’échange et de communication. Cette initiative vise essentiellement à vulgariser un rapport publié régulièrement par le FMI qui porte sur les perspectives économiques régionales à travers le monde.

Pour cette édition, « Les Perspectives Économiques Régionales pour l’Afrique subsaharienne » était au menu des échanges. Autour du thème « l’Afrique subsaharienne : vers une pénurie de financement» , le panel d’experts composés d’éminents économistes de la région a abordé  la problématique de finance en Afrique subsaharienne.

Parmi eux, l’économiste sénégalais Babacar Sène, qui supervisait la rencontre à Dakar, a recommandé deux réformes dites fondamentales. Il s’agit de se battre pour avoir une base des investisseurs élargis – pas uniquement des banques, mais inciter aussi les compagnies d’assurances, les caisses de dépôts, le fonds de retraite etc. à aller sur les marchés financiers-, et de mettre en place des marchés secondaires profonds, nécessaires pour attirer davantage les investisseurs.

En outre, le directeur du Laboratoire de Finances pour le Développement (LAFIDEV) a magnifié le projet d’interconnexion des bourses au niveau africain, qui peut être une opportunité pour qu’UMOA-titres et la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) conjuguent leurs forces pour intégrer le marché financier africain.

Sombres perspectives

Venu présenter le rapport du FMI, Luc Eyraud , économiste de l’institution de Bretton Woods, s’est montré pessimiste pour l’avenir du financement en Afrique subsaharienne. Il indique, en effet, que la pénurie de financement observée dans la région va s’aggraver avec notamment la nouvelle politique de prêt de la Chine (principal bailleur de l’Afrique subsaharienne), devenue prudente, le resserrement de la politique monétaire des banques centrales dans un contexte de forte inflation et  le durcissement des conditions de financement.

Sur ce, souligne-t-il, la région peut s’attendre à des conséquences désastreuses notamment un retour de l’inflation à deux chiffres, un risque d’insécurité alimentaire, et une interruption de la reprise économique, entre autres.

Prévisions

Face à cette pénurie de financement, le FMI prévoit que l’activité économique en Afrique subsaharienne restera atone en 2023. Selon ses prévisions, la croissance s’élèvera à 3,6 % pour cette année, avant de se redresser à un niveau de 4,2 % en 2024.

Ces anticipations, précise l’institution, seront fiables qu’avec une reprise économique au niveau mondial, un ralentissement de l’inflation et une fin progressive du resserrement de la politique monétaire.

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