Conséquence directe des évènements actuels au Soudan, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) opère un repli stratégique en Arabie Saoudite. La décision prise par le conseil des gouverneurs est liée à l’évaluation de la situation politique et des risques sécuritaires prévalant à Khartoum.
La Banque dirigée par le mauritanien Sidi Ould Tah est fondée dans les années 70 en plein choc pétrolier pour concrétiser une solidarité agissante entre le Monde Arabe et le continent africain. Sous la houlette de Dr Tah, l’institution longtemps cantonnée sur le financement du pôle public opère une ouverture stratégique vers le financement du secteur privé.
En avril 2022, la BADEA a annoncé une augmentation de son capital autorisé de 376 %, passant de 4,2 milliards USD à 20 milliards USD. Cette augmentation historique du capital, adoptée à l’unanimité par l’ensemble des actionnaires souverains de la banque – membres de la Ligue des États arabes, augmenté sensiblement les ressources de la banque.
La nouvelle structure du capital de la BADEA est donc constituée de 20 milliards USD, dont 10 milliards USD souscrits et 5 milliards USD versés. Cette augmentation place la base de fonds propres et la structure globale du capital de la banque au même niveau que d’autres banques multilatérales de développement très bien notées.
La BADEA est notée Aa2 avec des perspectives positives par Moody’s Investors Service et AA par Standard & Poor’s et c’est la première fois que le capital exigible est introduit dans sa structure de capital depuis sa création il y a 48 ans.
