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Ajay Banga devient (officiellement) le nouveau président de la Banque mondiale

Le conseil d’administration de la Banque mondiale a annoncé mercredi 3 mai, qu’Ajay Banga, étant le seul candidat en lice, a été nommé président de l’institution à l’issue d’une réunion. L’instance a indiqué que l’Américano-indien devrait prendre ses fonctions, pour un mandat de cinq ans, le 2 juin prochain. A 63 ans, l’homme d’affaires entend…

Le conseil d’administration de la Banque mondiale a annoncé mercredi 3 mai, qu’Ajay Banga, étant le seul candidat en lice, a été nommé président de l’institution à l’issue d’une réunion. L’instance a indiqué que l’Américano-indien devrait prendre ses fonctions, pour un mandat de cinq ans, le 2 juin prochain.

A 63 ans, l’homme d’affaires entend changer de paradigme pour une institution tournée vers le financement de la lutte contre le réchauffement climatique. L’actuel vice-président de General Atlantic compte mobiliser le secteur privé pour cette nouvelle orientation qui, selon certains spécialistes, sera déterminante pour l’avenir de l’humanité.

« Il n’y a pas assez d’argent, que ce soit dans les banques multilatérales de développement, dans les grands gouvernements du monde développé, dans la société civile, même avec les intentions les plus philanthropiques », a-t-il plaidé début mars.

Le successeur de David Malpass va donc prendre les commandes de la Banque mondiale dans un contexte marqué par la montée de l’inflation, la dégradation de la situation financière et la crise climatique qui affecte les pays en développement, entre autres.

Selon le Fonds Monétaire International (FMI), un financement minimum de 1.000 milliards USD par an sera nécessaire sur les prochaines années pour aider les pays émergents et en développement à faire face aux effets néfastes du changement climatique.

En marge des réunions de printemps (du 10 au 16 avril à Washington), les principaux actionnaires de la Banque mondiale se sont engagés à augmenter leur contribution de financement de 50 milliards USD sur les dix prochaines années pour lutter contre ce phénomène. Même si certains experts soutiennent que ce montant est infusant par rapport aux besoins, d’autres par contre estiment que la Banque mondiale sous la houlette d’Ajay Banga va trouver des alternatives pour accroître le financement destiné au « projets verts ».

Cet « agenda vert » sera-t-il bénéfique pour l’Afrique ? 

Alors que la montée en puissance du financement de la lutte contre le réchauffement climatique fait débat, certains économistes tirent sur la sonnette d’alarme. Interrogé par Financial Afrik sur cette question, l’économiste sénégalais, Makhar Diouf a exhorté les pays africains à faire attention au « le « nouveau concept des capitalistes » qui, indique-t-il, « viennent toujours avec des méthodes beaucoup  plus sophistiquées pour nous détourner de l’essentiel à savoir assurer notre industrialisation ».

Pour ce disciple de Samir Amine, les préoccupations et les intérêts pour le « climat » ne sont pas les mêmes car l’Afrique et l’Occident n’ont pas le même niveau de développement.

Le professeur d’économie soutient que l’Afrique doit miser sur ses ressources internes pour asseoir son développement car l’histoire a montré qu’aucun pays au monde ne s’est développé avec des ressources externes. L’Afrique, estime-t-il, même s’il a besoin de ce ‘‘financement climatique’’, doit être très « prudente » dans cette nouvelle orientation des capitalistes qui ne fera qu’augmenter  sa dépendance vis-à-vis du financement de l’extérieur.

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