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Centrafrique : le FMI exige des réformes avant tout décaissement

La Centrafrique devra encore attendre malgré une situation économique et financière exsangue avant de passer à la caisse. Malgré l’accord donné par le Fonds monétaire international (FMI) pour apporter un appui budgétaire dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), tout déblocage de fonds est conditionné à la réalisation d’un certain nombre de…

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, ici le 24 décembre 2019 au Palais de la Renaissance. © DR

La Centrafrique devra encore attendre malgré une situation économique et financière exsangue avant de passer à la caisse. Malgré l’accord donné par le Fonds monétaire international (FMI) pour apporter un appui budgétaire dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), tout déblocage de fonds est conditionné à la réalisation d’un certain nombre de réformes économiques et financières. Parmi les exigences de Brettons Woods figurent en bonne place, le renforcement de l’administration douanière et fiscale, la rationalisation des exonérations fiscales, la réforme du marché des carburants et de la structure des prix, ainsi que le renforcement de la gouvernance et de la transparence fiscales.

Une feuille de route qui est loin d’être une bonne nouvelle pour Bangui qui fait face à une crise de trésorerie inquiétante confortant sa forte aux aides internationales pour alimenter les caisses de l’Etat. Ces derniers mois, le pays a dû cravacher dur pour répondre à certains engagements, notamment le paiement des fonctionnaires et des agents de l’Etat suspendu à la mansuétude des pays amis. C’est dire si cette décision du FMI est particulièrement mal reçue par le gouvernement.

Selon des informations, les options politiques de la Centrafrique n’auraient pas favorisé son dossier, en relation directe avec la présence de Wagner, cette organisation paramilitaire russe qui joue un rôle central dans le dispositif sécuritaire de la Centrafrique. Conséquence, le « FMI exige que ces acteurs cessent d’acheter et de vendre des produits pétroliers de contrebande, et que les prix doivent être harmonisés pour soulager la souffrance de la population », indique-t-on. Dans ce sillage, les autorités centrafricaines dénoncent « des pressions politiques » menées par certaines « puissances étrangères », car même si aucun n’Etat n’est publiquement indexé, on pense que « la France et ses alliés » auraient particulièrement pesé de tous leurs poids pour amener le FMI à « durcir » les conditionnalités avant tout décaissement. Autrement dit, la Centrafrique paierait le prix de son rapprochement avec Moscou, dont la société Wagner constitue actuellement le pilier de la coopération avec la Russie.

Faut-il le rappeler, dans le cadre de l’accord de Facilité élargi de crédit conclu le 20 décembre 2019, le FMI s’est engagé pour un montant total d’environ de 68 milliards de FCFA (115 millions de dollars) sur trois ans. Par ailleurs, en avril 2020, le FMI a décaissé 23 milliards de FCFA (38 millions de dollars) de financement d’urgence pour aider le pays face à la crise de coronavirus. Sans un appui extérieur imminent apprend-on, le pays court le risque d’être économiquement asphyxiée.

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