De notre Envoyée Spécial à Nairobi, Amadjiguene Ndoye
« Qu’est-ce que l’Afrique offre au monde et qu’est-ce que le monde offre à l’Afrique? Les choses changent autour de nous, notre continent y joue-t-il un rôle? » C’est par ces mots que le président de la Fondation Mo Ibrahim a officiellement ouvert les travaux de l’édition 2023 du week-end annuel de la Fondation qui se tient du 28 au 30 avril à Nairobi au Kenya.
La rencontre a enregistré la présence du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, l’ex-présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, l’ancien président du Niger, Mamadou Issoufou, récipiendaire du prix Mo Ibrahim 2021, et Abdalla Hamdok, ancien premier ministre su Soudan, entre autres personnalités.
Occasion donnée aux différents intervenants de débattre sur le rôle primordial que doit jouer le continent sur l’échiquier mondial dans un contexte marqué par l’inflation et les conséquences toujours palpables de la pandémie sanitaire de COVID-19.
D’ici 2027, l’Afrique devrait devenir la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale, dépassant l’Asie. Avec un marché de plus de 1,4 milliard personnes, la Zone de libre-échange intercontinental (Zlecaf) dépasse le marché unique de l’UE, les États-Unis-Mexique-Canada et MERCOSUR combiné, selon les données de la Fondation.
En 2022, l’Afrique représente 18 % de la population mondiale mais seulement 3 % du PIB mondial. Le continent détient 30% des réserves minérales mondiales.
Ces avancées sont pour le moins compromis par l’actualité brulante de la question sécuritaire dans le Sahel avec ses graves répercussions politiques, sociales et économiques.
Selon le président de la Commission de l’UA, l’une des fragilités majeures de l’Afrique principalement dans les domaines politique et sécuritaire, avec une récurrence des changements anticonstitutionnels de gouvernement fragilisation les Etats, les conflits intercommunautaires et les changements climatique. Avec notamment les coups d’Etat à répétition et la crise armée au Soudan.
Le continent s’engage toutefois dans une voie de développement radicalement nouvelle qui saura exploiter le potentiel que représentent sa population et ses ressources, avec un marché de 1,2 milliard d’individus et la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.
« La question qui se pose aujourd’hui n’est pas comment aider l’Afrique, mais comment celle-ci pourrait aider le monde », a déclaré Moussa Faki Mahamat.
