Sous l’effet du changement climatique qui va accroître les sécheresses, les inondations et d’autres aléas, les « assureurs de biens » en France vont subir de lourdes pertes au cours des cinq prochaines années. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié ce mardi 25 avril par GlobalData faisant une compilation de données sur l’assurance de biens dans le pays sur une période de 10 ans.
La société d’analyse de données et de conseil basée à Londres (Angleterre) estime que les indemnités de sinistres payées par les assureurs aux assurés devraient pendre l’ascenseur d’ici 2027. Selon ses statistiques, le ratio de sinistralité (rapport des sinistres survenus aux primes acquises) sera supérieur à 85 % sur la période 2023-2027.
GlobalData a noté que le secteur d’activité d’assurance de biens dans l’hexagone a commencé à subir des pertes au cours de la période 2018/2022 avec un ratio de sinistres supérieur à 82 %. Cette contre performance, souligne-t-elle, est surtout liée à la recrudescence des catastrophes naturelles (NatCat) au cours de la période considérée.
En outre, la structure révèle que le ratio des charges pour l’assurance générale dans le pays- qui a atteint plus de 23 % au cours de la même période- a également affecté l’assurance des biens avec des pertes enregistrées.
S’exprimant sur cette situation, Chandini Sharma, analyste en assurance chez GlobalData a apporté des précisions sur l’évolution de l’assurance de biens en France. Le secteur, estime-t-il, a subi de plein fouet les désastres des sinistres NatCat au cours des cinq dernières années avec notamment la réapparition de graves sécheresses et la fréquence élevée des inondations.
Si l’on se fie à ses statistiques, les sécheresses ont coûté aux assureurs plus de 600 millions d’euros par an. Quant au ratio de sinistralité de la ligne incendie et risques naturels en assurance de biens, il est resté supérieur à 100 % au cours de la période sous revue, en raison de l’augmentation du nombre d’événements NatCat.
Selon ses prévisions, les conditions météorologiques chaudes et sèches devraient se poursuivre en 2023 et au-delà, ce qui augmentera encore les réclamations. D’ailleurs, souligne-t-il, les réclamations liées aux événements Nat Cat et au changement climatique ont atteint 10,6 milliards d’euros en 2022, le plus élevé des 20 dernières années.
Climat hostile
L’expert a fait savoir que le climat extrêmement sec et la grave sécheresse de 2022 ont entraîné des sinistres liés au retrait-gonflement des sols argileux atteignant 2,9 milliards d’euros. Pour leur part, les tempêtes de grêle intenses ont coûté 5,1 milliards d’euros au mois de juin 2022.
Sur ce, Chandini Sharma a indiqué que les assureurs non-vie ont été obligés à reconsidérer les risques lors de la détermination des taux de prime suite aux « sinistres records » en 2022.
Recommandations
Face à cette situation qui menace l’avenir des assureurs des biens, le spécialiste recommande deux mesures phares. Il s’agit d’augmenter les primes et de réduire leurs risques lorsque les assureurs couvrent les catastrophes naturelles.
Par ailleurs, l’analyste a informé que France Assureurs – Fédération française des assureurs et réassureurs – a souligné que le nombre de nouveaux sinistres en assurance de biens traités en 2022 a atteint 13,9 millions, soit une hausse d’un million par rapport à l’année précédente.
L’organisation a également mentionné qu’en dehors de l’augmentation des événements NatCat , la montée de l’inflation va augmenter les coûts de réparation. Ce qui aura pour conséquence d’accroître les remboursements de sinistres, les coûts de réassurance et de réduire les marges techniques des assureurs en France.
