Malgré les difficiles conditions d’emprunt sur les marchés des capitaux internationaux avec notamment la hausse des taux d’intérêts, le Kenya envisage d’émettre jusqu’à 2 milliards USD d’euro-obligations en 2024, apprend-on lundi 24 avril de la presse locale. Ces ressources devront aider le pays à rembourser son euro-obligation à 10 ans qui arrive à échéance en juin 2024.
Dans cette optique, le Trésor national a exhorté la semaine dernière des institutions financières à manifester leur intérêt à fournir des services de conseil en transaction pour l’euro-obligation proposée.
« Le Kenya est en quête de 2 milliards USD d’euro-obligation sur les marchés des capitaux mondiaux afin d’honorer son euro-obligation qui arrive à échéance le mois de juin 2024. Sur ce nous comptons sur l’ensemble des acteurs pouvant faciliter cette transaction pour mener cette opération », a déclaré, Haron Sirma, directeur du Trésor chargé de la gestion de la dette, cité par la presse kényane.
Cette opération arrive dans un contexte où les taux d’intérêts sur les marchés financiers mondiaux ne cessent d’augmenter.
Faible mobilisation des recettes intérieures
Les autorités kényanes ont fait savoir que le gouvernement n’a pas réussi à atteindre ses objectifs qui consistaient à mobiliser suffisamment de ressources notamment au cours de l’exercice 2022. Selon les statistiques officielles, les deux entités à savoir la Kenya Revenue Authority (KRA) et Trésor national n’ont pas atteint leur objectif de mobiliser respectivement 715 milliards de shillings kényans (environ 5,3 milliards USD) et 715 milliards de Ksh (environ 5,3 milliards USD) au cours des neuf mois précédant le 31 mars 2023.
Dans l’ensemble, le gouvernement a manqué ses objectifs de revenus de près de 1,52 billion de Ksh (environ 11,25 milliards USD) au cours de la période considérée, en plus d’un déficit budgétaire de 862,5 milliards de Ksh (environ 6,4 milliards USD) pour l’exercice 2022/2023.
Prudence sur le marché intérieur
Face à cette situation, le Trésor national a tenté à plusieurs reprises d’emprunter sur le marché intérieur à des taux inférieurs à 10 % pour financer ses dépenses croissantes. Mais les investisseurs ont été réticents, préférant des bons du Trésor à court terme aux obligations à maturité longue dans un contexte d’incertitude économique.
Par ailleurs, selon les dernières statistiques de la Banque centrale du Kenya (CBK), les réserves de change utilisables étaient tombées à 6,37 milliards USD (3,56 mois de couverture des importations) au 13 avril 2023, bien en deçà du seuil statutaire de quatre mois de couverture des importations.
