L’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé, le 21 avril 2023, avoir abaissé la perspective de la note de la dette égyptienne, la passant de « stable » à « négative ». Une révision qui se justifie selon S&P par les importants besoins de financement externes anticipés par le pays concernant les finances publiques.
« Nous estimons que le gouvernement égyptien alloue 40% de l’ensemble des revenus collectés au paiement de l’intérêt de sa dette. La majorité de ces paiements concernent le service de la dette domestique plutôt que les obligations internationales », souligne S&P qui précise par ailleurs que la note du pays reste pour l’heure à B/B, mais pourrait donc être révisée dans les 12 prochains mois.
Le vaste programme d’extension et de modernisation de la capitale le Caire, lancé par le président Abdel Fattah al-Sissi, a contribué à faire exploser la dette égyptienne. Selon les données de la Banque mondiale, entre 2013 et 2021, la dette extérieure est passée de 46,5 milliards de dollars à 143,2 milliards de dollars.
Le pays est plongé dans une spirale inflationniste qui frôle des records. L’Agence centrale égyptienne des statistiques a annoncé une inflation de 32,7% au mois de mars 2023 en glissement annuel, contribuant à fragiliser la livre égyptienne. Les réformes pour contenir la crise financière et monétaire tardent à faire leurs effets. Le FMI prévoit une croissance de 3,7% pour 2023, contre 6,6% en 2022.
Pour 2023 et 2024, le gouvernement estime les besoins de financement du pays à respectivement 17 et 20 milliards de dollars.
