Largement critiquée suite aux propos de son chef d’Etat sur les migrants subsahariens, la Tunisie vient d’être portée à la présidence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine. « La Tunisie œuvrera »à concrétiser sa vision de trouver des solutions pacifiques, justes et durables à divers problèmes africains pour une Afrique sûre, stable et prospère », a déclaré le ministère des Affaires étrangères du pays. La Tunisie avait rappelons-le représenté les pays africains lors de son mandat au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2020-2021.
Un engagement africain contredit le 21 février par le chef de l’Etat tunisien, Kaïs Saïed, demandant « des mesures urgentes » « contre l’immigration clandestine de ressortissants d’Afrique subsaharienne ». Dans son élan, le président tunisien dénonce la présence de « hordes de migrants clandestins » en Tunisie dont la venue relevait, selon lui, d’une « entreprise criminelle ourdie à l’orée de ce siècle pour changer la composition démographique de la Tunisie ».
En réaction, l’Union africaine (UA) a rejeté ces propos et appelé ses Etats membres à « s’abstenir de tout discours haineux à caractère raciste, susceptible de nuire aux personnes », vendredi 24 février. Dans un communiqué encore plus virulent, le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, avait dit « condamne[r] fermement les déclarations choquantes faites par les autorités tunisiennes contre des compatriotes africains, qui vont à l’encontre de la lettre et de l’esprit de notre organisation et de nos principes fondateurs ». Des « accusations sans fondement », a réagi le ministère des affaires étrangères tunisien.
Selon des chiffres officiels cités par le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, la Tunisie, un pays de quelque 12 millions d’habitants, compte plus de 21 000 ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne, en majorité en situation irrégulière.
