La hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires suite à l’invasion russe en Ukraine creusera la vulnérabilité de certains pays africains (mal notés) aux futures crises de sécurité alimentaire, selon un récent rapport publié par Moody’s Investors Service. L’analyse classe le Mozambique (Caa2 positif), le Rwanda (B2 négatif), la Zambie (Ca stable), et l’Éthiopie (Caa2 négatif) parmi les pays les plus exposés et les plus vulnérables.
L’Ukraine est l’un des principaux exportateurs de blé, de maïs et d’huile de graines de tournesol au monde. À la fin mars, elle avait exporté environ 16 % de céréales en moins au cours de la saison 2022-23 par rapport à l’année précédente.
Pour Moody’s, les difficultés liées aux chocs d’approvisionnement alimentaire sont plus importantes pour les marchés émergents et frontières, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi que certaines parties de l’Asie du Sud. Ces crises alimentaires ont des répercussions économiques, externes, fiscales et sociales négatives évidentes pour les Etats les plus exposés et les plus vulnérables. S’y ajoute un poids non négligeable sur les finances publiques et la balance des paiements, exacerbant les vulnérabilités macroéconomiques et les déséquilibres budgétaires et extérieurs.
Cette situation, selon Moody’s, renforcera le risque de crédit pour de nombreux États souverains des marchés émergents, en particulier les plus exposés et les plus vulnérables au risque climatique.
Comme autres facteurs, et non des moindres, l’agence de notation met l’accent sur la hausse des températures mondiales, la modification des régimes de précipitations et des chocs climatiques de plus en plus fréquents et sévères. La recherche cite une sécheresse de longue durée dans la Corne de l’Afrique et des inondations dévastatrices en au Pakistan(Caa3 stable), qui a détruit des cultures essentielles à la chaîne d’approvisionnement alimentaire.
L’étude révèle que trois facteurs maintiendront la sécurité alimentaire mondiale fragile et vulnérable aux chocs à savoir l’augmentation de la demande alimentaire mondiale, l’exposition aux perturbations géopolitiques et les risques climatiques physiques. Selon les chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la demande mondiale de produits agricoles, y compris pour l’alimentation humaine et animale, les carburants et les intrants industriels, devrait croître de 1,1 % par an jusqu’en 2031. Cette demande devrait principalement provenir des pays à revenu faible et intermédiaire, notamment en Afrique subsaharienne et en Inde (Baa3 stable).
Pour Moody’s Investors Service, la réponse politique nationale et internationale ne peut que partiellement compenser les chocs alimentaires. Ces mesures ne compenseront pas totalement l’impact crédit négatif pour les souverains les plus exposés malgré les efforts régionaux et internationaux pour améliorer la sécurité alimentaire et la résilience de la chaîne d’approvisionnement.
