Récipiendaire à la veille de Noël (20 décembre 2022) d’un jet Embraer de 50 places, le président guinéen Mamadi Doumbouya était resté longtemps motus et bouche cousue sur l’origine de ce “cadeau” encombrant.
Jusqu’à ce que le ministre du Budget, Lanciné Condé, de passage devant le Conseil National de la Transition (CNT), fasse une déclaration. “L’avion présidentiel présenté à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré, est une mise à disposition” de la part d’un pays qui souhaite être un partenaire stratégique avec la Guinée et investir dans les mines.
« En guise de bonne foi, expliquait le ministre, ce pays souhaite mettre à notre disposition une flotte de trois avions. L’Etat guinéen a dit d’accord mais néanmoins, nous allons payer un centime et on va écrire (…). Ce n’est ni un achat, ni un prêt, ni un don. On était dans ça lorsque le partenaire a envoyé l’appareil à Conakry et nous a dit que vous pouvez préparer votre équipe à se familiariser, en attendant la conclusion des discussions », avait expliqué le ministre du Budget.
Selon Africa Intelligence, le cadeau ne viendrait pas “d’un pays” comme avait expliqué le ministre du Budget mais plutôt de Naveen Jindal, président de Jindal Steel & Power (JSPL). Ce puissant homme d’affaires introduit dans le Château d’eau d’Afrique de l’Ouest par le très influent Ashok Vaswani, consul de l’Inde en Guinée et PDG de Topaz, cherche à s’y faire une place au soleil. Le patron de Jindal figure en bonne place dans l’enquête récente de Jeune Afrique sur les réseaux financiers de la junte guinéenne. L’hebdomadaire panafricain rappelle tout en filigrane qu’au moment du renversement d’Alpha Condé, 15 millions de dollars, 8 millions d’euros et une douzaine de bijoux de valeur se trouvaient à Sekhoutoureya, palais présidentiel guinéen. « Un pactole entièrement saisi et qui, depuis, a pris une destination inconnue », a révélé le journal. Décapant.
