Depuis son acquittement à la Cour pénale internationale (CPI), l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a effectué, le 31 mars 2023 à Abidjan, son premier meeting grand format sous l’appellation de « fête de la Renaissance ». Une sorte de rassemblement pour commémorer cette aventure à la Haye.
Ce fut aussi une occasion pour lui de galvaniser ses militants à l’approche des élections locales prévues dans quelques mois. Venus de plusieurs régions du pays, ces derniers ont tous convergé vers la place FiCgayo et le complexe sportif de Yopougon pour manifester leur attachement aux valeurs de la nouvelle formation politique de l’ancien président, le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI). Le parti qui rassemble de facto le clan opposé à Affi N’guessan, autrefois allié de Laurent Gbagbo et actuel président du Front populaire ivoirien (FPI).
L’ex-pensionnaire de la prison Scheveningen a également invité la communauté internationale à chercher « les vrais coupables » de la crise post-électorale de 2010. « Si la Côte d’Ivoire veut être une nation de paix et de justice et de vérité, je conseille à notre cher pays de continuer à rechercher les coupables…S’il y a des crimes qui ont été commis, il faut continuer à rechercher les criminels. C’est pourquoi le 31 mars (la CPI a confirmé son acquittement le 31 mars 2021, Ndlr) est une date importante parce qu’il a rendu la liberté à des gens qui n’avaient pas le droit d’être en prison et qui y étaient malgré tout », clame-t-il. Laurent Gbagbo déclare, par ailleurs, qu’il n’était pas sur le champ des batailles, mais qu’il a été arrêté parce qu’il a été le premier responsable des forces régulières de défense et de sécurité.
Autre fait majeur, le Mouvement des générations capables (MGC) de Simone Gbagbo a été acclamé à ce rassemblement, contrairement au Cojep de Blé Goudé, ancien leader de la galaxie patriotique, qui a été hué. Codétenu de Laurent Gbagbo à la CPI, Blé Goudé prône, depuis son retour, œuvrer pour la réconciliation. Une attitude qui, pour « le clan des durs », cache un double-jeu du patron du Cojep.
Comme constaté, l’ex-leader de la mouvance présidentielle veut aussi garder totalement son ancien bastion (Yopougon) qui a basculé aux mains du parti au pouvoir et tiraillée par d’autres nouvelles formations. Et jauger sa côte de popularité dans l’attente de la présidentielle de 2025.
