Le Sénégal a décroché plus de 200 milliards de FCFA (plus de 332 millions USD) sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) à l’issue de l’émission d’un emprunt obligataire par appel public à l’épargne, sur la période du 6 au 24 mars 2023.
D’abord, l’émission a porté sur un montant initial de 120 milliards FCFA (environ 199 millions USD). Par la suite, la somme a été révisée à 200 milliards FCFA (environ 332 millions USD). Au terme de l’opération, les investisseurs ont mis 201,8 milliards FCFA (environ 335 millions USD), soit un taux de couverture de 100,9%.
Ce résultat a de quoi meubler les commentaires d’économistes et acteurs impliqués dans la transaction. D’aucuns estiment que le Sénégal a réussi avec succès cette levée de fonds malgré des conditions difficiles sur les marchés de capitaux.
Le papier Sénégal, soulignent-ils, a fait l’objet de convoitises de la part des investisseurs grâce surtout à la signature de l’Etat, sa stabilité institutionnelle et la résilience de son cadre macro-budgétaire, entre autres. Mais ce taux de couverture est faible comparé à celui de 121,6% obtenu il y a 3 mois (décembre 2022), rappelle l’économiste sénégalais Abou Kane.
Le pays avait besoin, à l’époque (décembre), de 150 milliards FCFA (environ 249 millions USD) sur une durée plus longue (12 ans) à un taux de 5,95% et les investisseurs ont mis 182,5 milliards (303 millions USD) , soit 121,6%, fait remarquer le professeur de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et d’ajouter : « ce mois-ci, en mars 2023, le Sénégal a payé plus cher (taux de 6,35% sur la tranche de 10 ans, un taux de 6,15% sur la tranche de 7 ans et 6% sur la tranche de 5 ans) ».
Si le Sénégal est réputé sûr et attractif, conclut l’agrégé en économie, il n’a pas besoin de payer un taux d’intérêt élevé et les investisseurs s’engagent à mettre plus d’argent que le montant demandé. Et le taux de couverture devrait donc dépasser les 100%.
