Fitch Ratings a fait savoir ce lundi 6 mars que les banques tunisiennes sont confrontées à des risques de liquidité accrus en raison du retard du pays à parvenir à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un programme de 48 mois d’une valeur de 1,9 milliard USD. L’agence note que ce retard prolongé va obliger l’Etat à recourir aux empreintes des banques locales, ce qui entraînera une exposition accrue des banques à l’État souverain noté « CCC+ », des conditions de liquidité plus strictes pour les banques et l’éviction des banques privées.
« Des retards prolongés dans l’approbation finale – ou pire, l’absence d’un accord avec le FMI – pourraient entraîner une dégradation de la notation souveraine de la Tunisie, car cela mettrait en danger les décaissements de financements extérieurs prévus et augmenterait le risque d’une crise de la balance des paiements », a averti Fitch.
Selon les statistiques de l’agence, la dette de l’Etat envers les banques a considérablement augmenté ces dernières années, totalisant 26,7 milliards TND (environ 9 milliards USD, soit 20% du PIB) à fin 2021. Ce qui représente 19% des actifs du secteur.
Fitch prévoit, par ailleurs, que les besoins d’emprunt du gouvernement atteindront 25,3 milliards de DT (8 milliards USD) pour 2023. En l’absence d’un accord avec le FMI, souligne-t-il, la capacité de la Tunisie à obtenir et à lever des financements extérieurs reste limitée.
L’agence américaine soutient qu’une grande partie du déficit de financement sera comblée par le secteur bancaire national, l’exposition souveraine totale (y compris les titres et les prêts) pouvant dépasser 40 milliards de TND (environ 13 milliards USD). Ce qui entraînera une pression importante sur la liquidité des banques et accroît considérablement leurs risques de solvabilité dans un scénario de défaut souverain.
