Après le tôlé qu’ont suscité les propos du président Kais Saied avec sa théorie du grand remplacement par les migrants subsahariens, les autorités tunisiennes ont annoncé dimanche 6 mars 2023, des mesures pour « améliorer la situation des étrangers en Tunisie et faciliter les procédures ». Le mal est pourtant déjà fait.
Le même gouvernement, qui avait défendu les propos de son président qui accusait des « hordes de migrants clandestins » de vouloir «modifier la composition démographique de la Tunisie », s’est fendu d’une déclaration en promettant des cartes de séjour aux étudiants issus de « pays frères africains ».
Le discours du président Kais Saied a provoqué une recrudescence des actes de racismes, de haines et de violences poussant des immigrés sanitaires et des centaines d’étudiants subsahariens à tout abandonner et à retourner dans leurs pays d’origines.
En exemple, ce sont 98 Guinéens qui ont en premier bénéficié de l’assistance de l’État Guinéen, qui a mis à disposition l’avion présidentiel pour leur permettre de retourner au bercail. Environ 300 Ivoiriens et Maliens ont aussi été rapatriés le week-end dernier pour échapper à la violence xénophobe en Tunisie.
La Tunisie, qui est un pays africain à part entière de l’Afrique et membre des institutions panafricaines, est-elle en train, à travers ses dirigeants actuels, de remettre en cause son engagement historique pour le destin africain ?
