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One Forest Summit: attendu sur du concret,  le français Emmanuel Macron loue les vertus de la coopération scientifique

De notre envoyé spécial à Libreville. Un fonds de 100 millions d’euros en faveur des pays engagés dans la protection de la biodiversité. Arrivé au Gabon tambour battant en fin de journée, le 1er mars 2023, dans le cadre d’une tournée en Afrique Centrale parsemée de sporadiques protestations de certains activistes de la société civile,…

De notre envoyé spécial à Libreville.


Un fonds de 100 millions d’euros en faveur des pays engagés dans la protection de la biodiversité.

Arrivé au Gabon  tambour battant en fin de journée, le 1er mars 2023, dans le cadre d’une tournée en Afrique Centrale parsemée de sporadiques protestations de certains activistes de la société civile, 

le président français Emmanuel Macron a assisté au «One Forest summit» co-présidé par son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba et en présence de l’équato-guinéen Teodoro Obiang Nguéma, du congolais Denis Sassou Nguesso, du centrafricain Faustin-Archange Touadéra, du premier ministre de Papouasie Nouvelle Guinée, James Marape et, entre autres, de Patricia Scotland, Secrétaire général du Commonwealth, ensemble dont fait partie le Gabon depuis juillet 2022. 

Gabon Spécial One Forest Summit

Au delà du discours, Emmanuel Macron devait surtout répondre à l’appel des pays du bassin du Congo privés de leurs attentes légitimes des retombées des millions de tonnes de CO2 séquestrés par la forêt équatoriale. Pour l’heure, les crédits carbone relèvent d’une farce climatique avec des prix fixés, presque, à la tête du client, comme semble le répéter le virevoltant Lee White, ministre gabonais des Eaux, des Forêts, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan Climat et du Plan d’Affectation des Terres.

À la veille de cette rencontre cruciale, la congolaise Arlette Soudan-Nonault avait donné le ton en dénonçant un «véritable Far West» à propos de ce marché carbone.

«La tonne telle qu’on veut nous la vendre, le marché auquel on veut que nous ayons accès est un marché volontaire. C’est un véritable Far West, ce marché volontaire où c’est à la tête du client, ou c’est à la puissance du pays, de la coalition que l’on vous propose des coûts entre 5 et 10 dollars ou 30 dollars maximums. En deçà de ce que préconise le marché du crédit carbone souverain, dans l’Accord de Paris, et qui oscille entre 50 et 150 dollars», a-t-elle expliqué. 

Face aux chefs d’Etat, le président Ali Bongo Ondimba à plaidé pour qu’utilité écologique rime avec rentabilité écologique. Alternant son propos en français et en anglais, le président gabonais, inspirateur d’un programme de préservation de l’écosystème forestier aujourd’hui pris en exemple dans le monde entier, a rappelé que son pays a séquestré des millions de tonnes de carbone pour des retombées insignifiantes. 

En fait le principe de la réduction des émissions provenant du déboisement et de la dégradation des forêts, associées à la gestion durable des forêts, la conservation et l’amélioration des stocks de carbone forestier (REDD+), inscrit dans l’accord de Paris, reste conditionné à la bonne volonté des grands pays industrialisés. 

À la suite du président gabonais, Emmanuel Macron a salué le caractère vertueux des efforts du pays dans la préservation de la forêt, sa décision courageuse d’interdire les exportations de grumes non transformés et ses parcs couvrant 11% du territoire. Le français n’aura finalement pas pris d’engagements en milliards d’euros mais s’est livré à un plaidoyer pour une coopération scientifique soutenue entre les forêts du bassin du Congo, de l’Amazonie et de l’Asie du Sud-Est.

En clair, au terme de ce sommet, il y aura toujours ce constat brut: l’argent des pays riches n’est pas acquis.

Le One Forest Summit s’est terminé sur l’annonce d’un fonds de 100 millions d’euros additionnels en faveur des pays engagés dans la protection de la biodiversité dans le cadre des partenariats », a déclaré le président français Emmanuel Macron. 

Dans ce nouveau mécanisme, la Fondation Walton participera à hauteur de 20 millions d’euros, Conservation international 30 millions d’euros et la France  s’engage sur 50 millions d’euros.

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