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Du boom à l’effondrement : les luttes des exportateurs de cacao ivoiriens sur un marché volatil

Depuis le début de l’année, la Côte d’ivoire est confrontée à une grave pénurie de fèves de cacao, qui a affecté ses niveaux de production et ses exportations. Certains exportateurs locaux ne peuvent plus acheter de fèves alors qu’ils ont besoin d’un stock de 100.000 à 150.000 tonnes de cacao pour honorer leurs engagements. Aux…

Depuis le début de l’année, la Côte d’ivoire est confrontée à une grave pénurie de fèves de cacao, qui a affecté ses niveaux de production et ses exportations. Certains exportateurs locaux ne peuvent plus acheter de fèves alors qu’ils ont besoin d’un stock de 100.000 à 150.000 tonnes de cacao pour honorer leurs engagements. Aux nombres des possibilités qui pourraient expliquer cette pénurie, on compte, entre autres, les conditions météorologiques, les maladies affectant les cultures, les difficultés logistiques, la spéculation sur les prix, ou encore une forte demande de la part des acheteurs étrangers.

Selon l’Organisation internationale du cacao, la production de la Côte d’Ivoire a baissé de 11,5 % au cours de la campagne 2020-21 par rapport à la campagne précédente. Ce déclin est attribué à plusieurs facteurs, notamment le changement climatique, le faible investissement dans l’industrie du cacao et le vieillissement des cacaoyers. Le pays a aussi connu des régimes pluviométriques irréguliers, des saisons sèches prolongées et des températures élevées, qui ont affecté les rendements de cacao. Le changement climatique a entraîné la propagation de maladies et de ravageurs, qui ont un impact supplémentaire sur la productivité.

En Côte d’Ivoire, ce sont 40 % des cacaoyers du pays qui ont plus de 30 ans et leur productivité est en baisse selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD). Les experts suggèrent que le manque de nouvelles plantations et de replantations de cacaoyers a aussi contribué à cette baisse de la production.

Mais pour certains exportateurs, le problème se situe surtout au niveau de la certification du cacao. Ils se plaignent qu’actuellement, le secteur du cacao certifié soit monopolisé par les multinationales. En effet, la demande de fèves certifiées, qui sont souvent considérées comme de meilleure qualité et plus durables, est en hausse. Les acheteurs, en particulier les grandes entreprises chocolatières, cherchent de plus en plus à s’approvisionner en fèves certifiées pour répondre aux attentes des consommateurs soucieux de l’éthique et de la durabilité. Le cacao certifié coûte entre 950 FCFA (1,54 $) et 975 FCFA le kilo, alors que le prix bord champ est de 900 FCFA. Un prix exorbitant, selon les négociants locaux, les traitants et les pisteurs.

Pour les exportateurs locaux, la solution à long terme pour éviter tout déséquilibre est d’attribuer aux exportateurs locaux 50 % des contrats internationaux du cacao certifié. De plus, les contrats internationaux dont disposent les exportateurs ivoiriens sont actuellement des contrats pour du cacao sans traçabilité ni certification, ce que les exportateurs ivoiriens dénoncent depuis plusieurs années.

« Comprendre les attentes et les besoins des clients »

À la mi-février, ils n’avaient réceptionné que 34 000 tonnes de fèves contre 66 000 tonnes à la même période la saison dernière. Comme solution, le conseil du café cacao propose de retarder jusqu’à juin prochain la période d’embarquement pour les exportateurs locaux en difficulté, afin qu’ils s’approvisionnent entre avril et juin.

Mais cette mesure semble être insuffisante, pour les exportateurs, car elle ne garantit pas nécessairement une amélioration de la qualité des fèves de cacao produites ou exportées. Pour l’un d’entre eux, « il est important de comprendre les attentes et les besoins des clients, en fin de compte, la situation souligne l’importance d’une chaîne d’approvisionnement solide et résiliente pour assurer la production et la livraison de produits de qualité». Ajoutant que les acteurs de l’industrie doivent collaborer pour trouver des solutions durables qui bénéficient à toutes les parties prenantes, y compris les agriculteurs, les exportateurs, les transformateurs et les consommateurs.

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